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Cyril Ramaphosa : lutter contre la corruption ou périr en tant qu’organisation

La réélection de Cyril Ramaphosa à la tête de l’ANC, apporte un peu de sérénité après ces dernières semaines mouvementées. Mais la tâche qui l’attend est énorme pour reconquérir la confiance des Sud-Africains lassés par la corruption qui éclabousse de trop nombreux dirigeants, inquiets de la dégradation constante de l’économie, et de la persistance de la criminalité et de la pauvreté.

Les sept nouveaux responsables à la tête de l’ANC, quatre hommes et trois femmes, vont avoir une bien lourde tâche pour redorer le blason d’une organisation qui a perdu son âme dans la course à l’enrichissement personnel. Maropone Ramakgopa, la deuxième secrétaire adjointe (avant il n’y avait qu’un poste de secrétaire-adjoint), la plus jeune de la nouvelle direction, est la seule à ne pas être connue pour un quelconque scandale. Tous les autres traînent derrière eux des réputations plus ou moins scandaleuses. On comprend toute l’importance de la phrase du discours de clôture de cette 55ème conférence nationale par le Président Ramaphosa « nous n’avons pas le choix : soit nous nous occupons de ce problème, soit nous disparaissons en tant qu’organisation ».

Lutter contre la corruption, juger et condamner tous les fraudeurs et corrompus, la liste se trouve dans le rapport de la Commission Zondo, est la tâche première de la nouvelle direction. En aura-t-elle la volonté et les moyens ? Pour une organisation sapée par « la désunion et les factions » et qui vu ses effectifs tombés de plus d’un million en 2012 à 661 489 aujourd’hui comment assainir, reconstruire sans risquer de détruire une maison dont les fondations s’affaissent ?

Après la pause des fêtes de fin d’année, un remaniement ministériel s’imposera car des sanctions sont prévues pour les députés qui n’ont pas respecter la consigne de voter contre la motion de destitution du président : Nkosazana Dlamini-Zuma qui a voté pour, et Lindiwe Sisulu , absente au moment du vote. Toutes deux font partie du groupe de ceux qui veulent une transformation radicale de l’économie (Radical Economic Transformation) qui regroupent des exclus de l’Anc, des proches de Jacob Zuma, une nébuleuse aux contours changeants.

Une reconfiguration de l’Alliance avec le SACP et la confédération syndicale COSATU sera aussi à l’ordre du jour pour clarifier les objectifs de la campagne électorale de 2024. Pour la Présidente du Cosatu, les résultats de la conférence doivent donner « la chance à l’Anc de se renouveler, de reconstruire l’économie, de réduire le chômage ». Un besoin crucial quand on sait que l’armée a dû être déployée pour protéger les centrales thermiques du sabotage et que les coupures d’électricité sont de plus en plus longues et fréquentes et que l’inflation galope.

La figure débonnaire du président, sa silhouette toute en rondeur, sa jovialité sont certes des atouts pour gagner les cœurs, mais les électeurs aimeraient aussi qu’il déploie ses talents de stratège, sa fermeté d’ancien syndicaliste, pour redonner de l’élan à un pays qui n’a pas vraiment le moral. Le discours traditionnel du 8 janvier donnera peut-être des raisons concrètes de refaire confiance à un parti bien affaibli après presque 30 ans de pouvoir sans partage.

Publié le jeudi 22 décembre 2022


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