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Transport routier sud-africain dans la tourmente

Il y a plus d’un an que le transport routier sud-africain est la cible d’attaques meurtrières : camions incendiés, chauffeurs assassinés. Les actes de violence ont été si nombreux ces dernières semaines que le Ministre de la police et le gouvernement envisagent d’envoyer l’armée pour arrêter le carnage. Quels motifs derrière cette violence ciblée ?

Il y a plus d’un an que le transport routier sud-africain est la cible d’attaques meurtrières : camions incendiés, chauffeurs assassinés. Les actes de violence ont été si nombreux ces dernières semaines que le Ministre de la police et le gouvernement envisagent d’envoyer l’armée pour arrêter le carnage. Quels motifs derrière cette violence ciblée ?

Les camions qui sillonnent les grands axes routiers qui relient les métropoles sud-africaines ou les pays voisins ont toujours été la proie de brigands modernes attirés par les cargaisons, qui une fois saisies, peuvent être revendues à bon prix. Activité dangereuse mais lucrative.

Mais depuis plus d’un an, la profession est la cible d’attaques bien orchestrées et dont le but est de détruire une activité économique essentielle au pays. Tous les camions ciblés sont systématiquement brulés, neuf camions le 19 novembre, cinq le 21 novembre et neuf le 22 novembre. Le vol de la cargaison ne semble plus être le motif de ces agressions et comme le dit le Président Ramaphosa « nous ne pouvons plus tolérer ces actes insensés contre le fret routier ».

ATDF, une fondation qui regroupe les chauffeurs au chômage et qui milite contre l’emploi de chauffeurs étrangers nie tout implication dans cette violence. Cette association est aussi très liée à l’Association des vétérans de MK que l’on retrouve dans les actions violentes contre les étrangers. Cette mouvance xénophobe se nourrit de la déliquescence de l’économie sud-africaine et de l’explosion du nombre de chômeurs. Tout en niant toute responsabilité dans ces actes de violence, ATDF, dénonce les patrons qui emploient des chauffeurs étrangers sans visa et le gouvernement qui laisserait faire. Pourtant en mai 2019, une commission interministérielle, ATDF, le syndicat des transports (Satawu) et le patronat avaient fait une déclaration commune condamnant l’emploi de chauffeurs étrangers sans papiers.

La police a arrêté 25 personnes liées à cette violence, mais devant l’ampleur du désastre elle pourrait faire appel à l’armée. Le patronat du transport routier, Road Fret Association, a écrit au Président Ramaphosa pour lui demander d’intervenir car sous prétexte de dénoncer l’embauche de chauffeurs étrangers, ce qui serait au pire de la xénophobie, les attaques n’épargnent pas les chauffeurs sud-africains et les protestations contre les étrangers sont une excuse pour ces attaques. « Ces attaques sont conduites avec une précision militaire, ce qui indiquerait qu’il y a une coordination avec un certain niveau de formation militaire. Nous ne voyons pas clairement quel est l’objectif, mais la déstabilisation du pays semble en faire partie ».

Selon une déclaration du gouvernement, il y a eu 84 attaques de camions entre mars et novembre 2020 et deux raisons sont évoquées : les conditions d’embauche des chauffeurs et des problèmes liés à la concurrence dans le transport routier entre des compagnies qui recherchent les liaisons routières les plus lucratives. La concentration de l’industrie dans les mains de quelques compagnies écarte les nouveaux venus, en particulier les entreprises noires émergentes.

Le transport routier est indispensable à l’économie du pays et de la région, aussi la recherche de solutions acceptables pour tous est une devenue une urgence et un enjeu national. Source Daily Maverick 168

Publié le lundi 30 novembre 2020


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