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Jacob Zuma et les services secrets sud-africains : un rapport explosif

Un rapport d’une centaine de pages, rendu public, apporte les preuves que les services de sécurité de l’Etat étaient d’abord au service du Président Zuma et de son entourage, en violation de la Constitution. Des têtes vont tomber et beaucoup aimerait voir Jacob Zuma répondre de ses actes devant la justice. Mais avant les élections du mois de mai prochain, est-ce envisageable ?

Le rapport a été écrit par un groupe de travail de 10 experts en sécurité, juristes, universitaires et personnalités civiles sous la direction de Sydney Mufamadi, ancien ministre de la sécurité du gouvernement de Nelson Mandela. A la publication du rapport, Jacob Zuma a répliqué en accusant deux membres du groupe d’avoir été des espions au service de l’apartheid, toutefois sans citer de nom. En écrivant « j’espère que ces gens là ne sont pas en train d’ouvrir la boîte de Pandore, ce qu’ils pourraient regretter », il donne une idée de l’atmosphère lourde dans la quelle va se dérouler la campagne électorale.

Jacques Paw dans son livre The President’s keepers avait démonté les mécanismes qui permettaient à une clique de nommer à des postes clé dans les ministères, dans la police, à la tête des entreprises publiques, les hommes et les femmes du Président Zuma. Il n’ y a pas que la famille Gupta qui a profité de ce système, mais une faction de l’ANC qui devait tout à Jacob Zuma. Pour illustrer ses propos, l’auteur avait fait des graphiques qui donnaient le tournis et il fallait suivre les tracés emberlificotés avec un crayon pour arriver à y voir clair.

Un autre livre, How to steal a country, écrit par l’ancien ambassadeur de Grande-Bretagne en Afrique du Sud, Robin Renwick, fait remonter la mise à sac à la fin des années 1999, avec le scandale des achats de matériel militaire pour la rénovation des forces armées sud-africaines à des fabricants d’armes britanniques, suédois, allemands et bien sûr à Thomson CSF, le futur Thalès. L’ouvrage de Hennie Van Vuuren Apartheid, Guns and Money, montrait que la corruption remontait à l’époque de la toute puissance du système d’apartheid qui avait, avec les puissances occidentales, de solides alliés pour assurer sa viabilité. Aucun de ces livres n’a été traduit en français.

Dès le rapport connu, des voix se sont élevées pour une action immédiate de la justice envers les coupables, qui ont agi de façon criminelle en espionnant des ministres, des responsables d’ONG, comme Right2know ou Green PeaceSA, des hauts fonctionnaires, tous ceux qui pouvaient se mettre en travers de leur route vers la poule aux œufs d’or, les ressources de l’état. Quatre noms reviennent : Jacob Zuma, David Mahlobo qui avait des liens avec la Russie et Rosatom, et Siyabonga Cwele , tous deux anciens ministres de la sécurité d’état, et Arthur Fraser ancien directeur général des services de sécurité. Ils risquent d’être inculpés pour trahison.

Le Président Ramaphosa a promis d’agir rapidement, mais sa préoccupation du jour est d’établir la liste des candidats pour les élections du mois de mai. Une vingtaine de noms ont déjà été rayés pour cause de malhonnêtetés diverse et variées. Il faut aussi respecter la parité, 50 % d’hommes et de femmes et 20% pour les jeunes. Les grandes pointures de la corruption et du pillage seront-elles rayées des listes de l’ANC, un parti qui, il y a 25 ans avait fait de l’honnêteté, de dévouement, de la probité son credo au service du peuple ?

Publié le mardi 12 mars 2019


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