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Commission Vérité et Réconciliation : un travail inachevé

La Commission Vérité et Réconciliation (TRC) avait demandé que plus de trois cent cas graves soient portés devant la justice, mais le parquet sud-africain vient de reconnaître qu’il n’a pas pu faire son travail à cause d’une ingérence politique. L’affaire Ahmed Timol relance la controverse.

La famille d’Ahmed Timol n’avait jamais accepté la version du suicide de ce jeune militant arrêté par la police de l’apartheid en 1971. Torturé à mort, son corps avait été jeté du 10ème étage du commissariat où il était détenu pour faire croire à un suicide. Un de ses tortionnaires, Joao Rodriguès, a été arrêté et accusé du meurtre d’Ahmed Timol, son procès est en cours.

Dans le cadre de ce procès, dans un affidavit, déclaration écrite adressée au tribunal, le juge Jacobus Petrus Pretorius écrit : « Je ne nie pas que le parquet général (National Prosecuting Authority) a été sujet à une ingérence politique et une pression politique pour ne pas procéder à une poursuite judiciaire immédiate pour des cas comme celui-ci ».

Les familles qui se demandaient pourquoi rien n’avaient été fait pour enquêter et juger des cas de torture, enlèvement, disparition ou meurtre, ont enfin obtenu la réponse. Le Président Thabo Mbeki ne voulait pas que des violations graves aux droits humains commis par des membres de MK, l’aile armée de l’ANC, soient jugées comme ceux commis par le régime d’apartheid. Tout a été fait pour empêcher la justice de suivre son cours normal.

Vusi Pikoli, nommé procureur général en 2005, avait vu ses relations avec le gouvernement de Thabo Mkebi tourné à l’aigre et il avait donné sa démission en 2009. Dans un mémorandum secret il expliquait qu’il ne pouvait plus faire son travail à cause des ingérences politiques. Un mémorandum de l’unité spéciale de la police, The Scorpions, en 2003 indiquait que la TRC avait refusé l’amnistie à 37 responsables de l’ANC. Mais aucune enquête n’avait été menée et l’unité avait été dissoute pour être remplacée par une autre the Hawks qui ne montre guère plus d’empressement.

Des commissaires de la TRC on écrit au Président Ramaphosa, à la veille de son discours à la nation (SONA) pour lui demander de nommer une commission d’enquête sur la collusion entre les services de police et le parquet général et le pouvoir politique pour ne pas enquêter. « Bien que la TRC ait fourni au parquet général (NPA) une liste de plusieurs centaines de cas en recommandant au parquet d’enquêter, pratiquement tous ces cas ont été abandonnés. Tous ces cas relèvent de la violation grave des droits humains, torture, meurtre, disparition pour lesquels la TRC avait refusé l’amnistie »

Les commissaires demandent aussi au Président Ramaphosa de formuler des excuses pour les victimes de l’apartheid et de faire comparaitre devant la justice ceux qui étaient le cerveau de ces exactions et pas seulement les exécutants.

Selon un responsable de la police, l’unité spéciale des Hawks a reçu une liste de dix cas en 2010 et une autre de 20 cas en 2018 pour lesquels travaillent une quinzaine de policiers. Le procès sur l’affaire Ahmed Timol reprendra au mois de mars pour examiner l’arrêt des poursuites demandé par l’accusé, Joao Rodrigues, mais la famille d’Ahmed Timol s’y oppose et a fait appel. Le passé est loin d’être passé pour les victimes de l’apartheid.

Publié le lundi 11 février 2019


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