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Donald Trump ne fait pas rire l’Afrique du Sud

Donald Trump est un clown dangereux et il l’a montré une fois de plus à l’Assemblée générale des Nations unies quand il a menacé de couper les aides américaines aux pays « qui ne respectent pas les USA ». L’Afrique du Sud fait partie des dix pays qui ont le plus souvent voter contre les résolutions soutenues par les USA, s’opposant frontalement à la politique américaine.

L’Afrique du Sud craint de voir supprimer les aides américaines pour son programme de lutte contre le sida un des plus ambitieux au monde. Elle a failli être rayée de la liste des pays bénéficiaires de l’AGOA, un traité qui donne accès aux marchandises sud-africaines libres de droits de douane aux USA. L’Afrique du Sud exporte des produits agricoles, mais aussi des automobiles et de l’acier et 800 entreprises sont présentes en Afrique du Sud. La politique protectionniste de Donald Trump a fait craindre le pire pour l’économie sud-africaine en plein marasme.

L’Afrique du Sud reste aussi fidèle a ses alliés du temps de l’apartheid, aux troupes cubaines qui ont aidé à la défaite militaire de Cuito Cuanavale en janvier 1988 en Angola, mettant fin au mythe de l’invincibilité de l’armée sud-africaine, et à Cuba qui continue à collaborer dans le domaine sanitaire en formant des médecins sud-africains. Le gouvernement sud-africain continue à soutenir la lutte du peuple palestinien et l’opinion publique sud-africaine est très active par ses multiples associations dans la campagne BDS.

Les relations sont plus que tendues entre les deux pays depuis que Trump a voulu intervenir dans le très délicat problème de la restitution des terres et son tweet mensonger a fortement irrité le gouvernement et les Sud-Africains. Cyril Ramaphosa n’a pas manqué de le rappeler au cours d’un dîner « J’ai le regret de dire que le Président Trump était mal informé. S’il avait pris le temps de se renseigner auprès de nous, il aurait eu une meilleure information et ses commentaires auraient été mieux appréciés des Sud-Africains » et de rappeler que l’usurpation de la terre a été « le péché originel des colonisateurs ».

Dans son discours officiel, Cyril Ramaphosa a souvent fait référence au discours de Nelson Mandela prononcé il y a 24 ans. Il a réaffirmé après son illustre prédécesseur que : « Pour des milliards de personnes sur notre planète, les Nations unies restent l’outil le plus puissant que nous ayons pour arriver à un monde plus égalitaire, plus humain, qui ne laisse personne au bord de la route ». Pour marquer le centième anniversaire de la naissance du héros sud-africain, la décennie 2018-2029 sera celle de la Décennie internationale Nelson Mandela pour la paix. Les Nations unies doivent devenir un instrument plus efficace de médiation, de maintien de la paix et de reconstruction post conflit. A la vue de l’état du monde actuel, il n’y aura pas trop de dix ans pour atteindre de si nobles buts.

Pour le Président de l’Afrique du Sud, les conflits doivent se résoudre par une diplomatie préventive, et un partenariat plus efficace entre les Nations unis et les autres institutions régionales, comme l’Union africaine, et les organisations de la société civile. L’Afrique du Sud va pouvoir avancer sa vision d’un monde multilatéral au Conseil de sécurité des Nations unies où elle va siéger pour deux ans, à côté des cinq membres permanents.

Pour le rabibochage entre les deux pays, Cyril Ramaphosa a laissé le soin de cette délicate mission à sa ministre des affaires étrangères, Lindiwe Sisulu, qui doit rencontrer son homologue américain, Mike Pompeo, au cours d’une des multiples rencontres qui accompagnent l’Assemblée générale des Nations unies.

Publié le jeudi 27 septembre 2018


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