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Crise du platine, après le massacre de Marikana

Le platine n’est plus rentable pour cause de voitures électriques. Le moteur diesel, tant vanté il n’y pas si longtemps par les mêmes constructeurs automobiles, est voué aux gémonies. Ruée donc sur le cobalt, le nickel, le lithium et autres métaux rares. Que faire des mineurs des mines de platine ? On les licencie. Lonmin a prévu 13400 licenciements dans ses mines de Rustenberg d’ici deux ans.

Le platine est indispensable pour les pots à échappements des moteurs diesel et rendre les émissions des gaz moins polluants. Mais une technologie chassant l’autre, tous les constructeurs automobiles se mettent à fabriquer des véhicules électriques et donc la demande en platine a chuté vertigineusement ses six dernières années et le profit pour les compagnies minières n’est plus ce qu’il était.

C’est dramatique pour l’emploi dans la ceinture de platine sud-africaine autour de la ville de Rustenberg. La compagnie Lonmin envisage la fermeture de plusieurs puits et annonce le licenciement de 13400 mineurs dans les deux ans à venir. La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans un secteur déjà très touché par la chute de la demande mondiale et traumatisé par le drame de Marikana, quand la police a tiré sur les mineurs en grève le 16 août 2012.

A la suite du conflit, les mineurs avaient massivement adhéré au syndicat AMCU (Association of Mineworkers and Construction Union), rival du NUM, Syndicat national des mineurs, affilié à la fédération COSATU, qui n’avait su comprendre les demandes des mineurs les moins payés et qui font le travail le plus dangereux en forant la roche. Le secrétaire d’AMCU, Joseph Mathunjwa, qui représente 70% des mineurs syndiqués vient d’annoncer que son syndicat est prêt à mettre toutes les mines autour de Rustenberg à l’arrêt si Lonmin poursuit son projet de licenciements. « Nous allons utiliser ce que nous avons à notre disposition, c’est à dire notre pouvoir. Nous frapperons où cela fait le plus mal »

De son côté le gouvernement, confronté à un chômage massif et une crise dans le secteur minier a crié au scandale. Pour le Ministre des Mines, Gwede Mantashe « c’est un exemple évident d’une entreprise qui se moque des résultats de cette décision insensée qui ajoute la douleur à l’insulte ». Le Num et le Cosatu ont déjà annoncé qu’ils manifesteront contre les licenciements le 17 août. La réaction du gouvernement et du Cosatu avait permis de limiter le nombre de licenciements dans un conflit qui les avait opposé à une autre multinationale, Anglo American Platinum en 2013 qui prévoyaient 14000 licenciements.

Joseph Matunjwa déplore que les mineurs soient toujours confrontés aux même problèmes : la dangerosité du métier et un patronat qui met les profits avant tout. Les commémorations du massacre de Marikana, six ans après la tuerie du 16 août 2018, auront encore un goût amer pour les veuves et victimes qui attendent toujours les compensations financières promises.

Les Voix des veuves de Marikana par Jacqueline Dérens ; Editions Clara Magazine

Publié le samedi 11 août 2018


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