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Les Indiens ne savent pas voler ou les crimes impunis de l’apartheid

Ahmed Timol, membre du Congrès national africain et du Parti communiste sud-africain, est mort le 27 octobre 1971 en se jetant du 10 ème étage du commissariat de John Vorster Square, où il avait été détenu et torturé pendant plusieurs jours. Sa famille n’avait jamais admis la thèse du suicide. Aujourd’hui, un ancien policier va comparaître devant la justice pour meurtre.



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C’est grâce à la ténacité de la famille, et en particulier d’un neveu, que le dossier d’Ahmed Timol a pu être ré-ouvert. Membre du Congrès national africain (ANC) et du Parti communiste sud-africain (SACP), Ahmed Timol avait été arrêté avec d’autres militants. Il avait été interrogé pendant six jours au commissariat de John Vorster Square à Johannesburg, de sinistre réputation et connu pour pratiquer la torture. La police avait prétendu qu’il s’était jeté par la fenêtre du 10ème étage du bâtiment et son corps avait vivement été enlevé. La famille et les amis n’avaient jamais accepté cette version de la police parce que c’était l’époque d’une répression intense et que des enquêtes et études montrent que les détenus étaient tous soumis à la torture. Don Foster, auteur de Detention and Torture in South Africa, a interviewé 158 détenus entre 1974 et 1987, tous torturés psychologiquement ou physiquement.

Des témoins ont affirmé que Timol avait été poussé par la fenêtre par trois policiers et que l’un d’eux s’était esclaffé en disant « Indians can’t fly », les Indiens ne savent pas voler. C’est le titre du documentaire d’Enver Samuel qui sera présenté au Festival Cinémas d’Afrique à Lausanne qui se tient du 23 au 26 août 2018 www.cine-afrique.ch

D’autres cas de « suicide » « mort naturelle » et « disparition » en détention restent encore à être élucidés. Selon la Fondation pour les Droits humains, personne n’a demandé l’amnistie auprès de la Commission Vérité et Réconciliation pour ces morts suspectes. Mais Legal Resources Centre, Khulumani Support Group, des avocats et des détectives attachés à la défense des droits humains n’ont pas baissé les bras et cherchent à savoir la vérité sur les crimes de l’apartheid restés impunis.

Après des années de recherches, la famille d’Ahmed Timol et les organisations citées a pu recueillir des témoignages qui ont abouti à la réouverture du dossier par le parquet, la requalification du « suicide » en meurtre et l’arrestation d’un ancien policier de la Security Branch, Joao Rodrigues, âgé de 79 ans. Ses avocats ont plaidé son grand âge pour qu’il soit remis en liberté sous caution, mais il comparaîtra devant la justice au mois de septembre. C’est la première fois qu’un cas de crime commis par la police spéciale de l’apartheid, dont la mission était de traquer les opposants au régime, sera jugé 47 ans après les faits.

Publié le mardi 31 juillet 2018


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Apartheid

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