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Cyril Ramaphosa à la tête de l’ANC et après ?

Un ouf de soulagement a accueilli l’élection de Cyril Ramaphosa, mais pas un délire d’enthousiasme, chaque camp dansant et chantant sur des airs différents. La moitié du Comité National exécutif, les Top Six, sont liés à la famille Gupta. L’unité du parti et la lutte contre la corruption vont être des tâches difficiles pour le nouveau patron de l’ANC.

Cyril Ramaphosa a été élu nouveau président de l’Anc, devançant de peu sa rivale Nkosazana Dlamini-Zuma. Une seule femme fait partie de la nouvelle direction Jessie Duarte, une militante chevronnée, au poste de secrétaire générale adjointe. Son passé de militante dévouée a été un peu terni avec ses liens avec la famille Gupta. David Mabuza devient vice président. Il avait fait campagne ni pour l’un ou l’autre des candidats à la présidence, préférant choisir un candidat « pour l’unité », une façon habile de ne pas prendre parti et de se poser en arbitre entre les deux factions. Il avait toutefois fait partie de ce qu’on avait appelait The Premier Ligue qui soutenait le clan Zuma. Ace Magashule, élu secrétaire général est un personnage sulfureux lié à la famille Gupta. Les scandales dans la province de l’Etat libre qu’il dirige se sont multipliés, dont le moindre n’est pas la rénovation de sa résidence aux frais du contribuable. L’arnaque à la création d’une laiterie qui n’a jamais produit ni crème, ni beurre mais à ruiner des petits fermiers qui croyaient au miracle, illustre les méthodes crapuleuses pour l’enrichissement personnel. Gwede Mantashe, qui a été pendant dix ans secrétaire général, n’avait pas souhaité prolonger cette tâche difficile, et le poste honorifique de chairperson, lui convient parfaitement. Paul Mashatile devient trésorier du parti. A la tête de la province du Gauteng depuis cinq ans, il était ouvertement opposé au Président Zuma et faisait partie de ceux qui exigeaient sa démission. Sa nomination à la direction de l’ANC va entraîner des élections provinciales dans un contexte difficile.

Trois contre trois au sommet, reste encore à élire 80 membres du NEC et nul ne peut dire encore de quel côté va se porter le choix des délégués. Cyril Ramaphosa est connu pour ses qualités de négociateur et de fin politique, mais la partie sera rude pour mener un bateau qui prend l’eau et un équipage déchiré par des luttes de faction.

Des questions vont immédiatement se poser à la nouvelle équipe : que faire de Jacob Zuma ? Le trainer devant la justice ? Obtenir son départ en lui offrant une sortie discrète et un avenir de coq en pâte ? Comment mettre un terme à la main mise de la famille Gupta sur l’état et les entreprises publiques ? Comment combattre la corruption qui gangrène la société sud-africaine ? Comment créer des emplois ? Lutter contre la pauvreté et les inégalités ? Et last but not least Cyril Ramaphosa va-t-il dire non au projet fou de l’achat de 7 centrales nucléaires ?

La victoire du riche homme d’affaires, ancien responsable du syndicat des mineurs, négociateur habile pour mettre fin au régime d’apartheid a rassuré le monde des affaires qui voit en lui celui qui pourra ramener la paix sociale dans une société désenchantée. Ses ennemis ne manqueront pas de lui rappeler son rôle dans le massacre de Mariana, où actionnaire de Lonmin, il avait qualifié la grève des mineurs d’illégale et donc d’y mettre fin par « des moyens concomitants ». On connaît la suite : 34 morts, des blessés, des veuves et des orphelins qui attendent toujours les indemnités promises pour survivre.

Les deux années qui séparent l’élection de la nouvelle équipe aux élections générales de 2019 ne seront certainement pas un long fleuve tranquille.

Publié le mardi 19 décembre 2017


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