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Élection partielle en Afrique du Sud : le parti communiste sud-africain part seul

Pour la première fois depuis la création de l’Alliance entre l’ANC, le COSATU et le SACP, ce dernier va présenter ses candidats à l’élection partielle de la municipalité de Metsmaholo dans la province de l’Etat libre. Un moment historique pour le SACP comme pour l’ANC, qui annonce une configuration inédite pour les élections générales de 2019.

Au mois de juillet dernier, lors de son congrès, le parti communiste avait envisagé d’aller seul aux prochaines élections dans les termes un peu convenus suivants « …l’exacte modalité dans laquelle nous irons aux élections sera déterminée par l’analyse concrète de la réalité concrète et dans un processus d’engagement avec les travailleurs et les formations progressistes ». Pour parler clair : fini l’alliance systématique avec l’ANC, nous ne soutiendrons plus une politique contraire aux intérêts des travailleurs.

La situation politique de la municipalité de Metsmaholo offre l’occasion de mettre discours et pratique en concordance. L’Anc dirigeait la municipalité jusqu’aux dernières élections, où une coalition hétéroclite regroupant l’Alliance démocratique, libérale et le Freedom Front, de droite, avec le soutien des Combattants de la liberté économique, de gauche avait choisi d’élire comme maire Sello Hlasa, dirigeant de l’Association de la communauté de Metsmaholo. Le mariage de la carpe et du lapin n’a pas résisté à la trahison de l’élu qui faisait bon ménage avec l’ANC et le conseil municipal a été dissous. D’où la convocation de nouvelles élections.

La gestion déplorable de l’Anc n’est pas pour rien dans la défection des électeurs aux dernières élections locales. En plus un conflit du travail est venu envenimé un climat déjà bien mauvais. En 2014, la municipalité a licencié 320 employés municipaux après une grève et les a remplacés par une entreprise privée qui a coûté plus cher à la municipalité et n’a pas rendu service à la population. Les ouvriers licenciés ont alors demandé au SACP d’intervenir pour qu’ils soient réembauchés, mais en vain.

Quand le SACP a annoncé qu’il allait se présenter seul aux élections du 29 novembre, les licenciés ont retrouvé leur emploi sauf trente qui sont restés sur le carreau à cause de leur appartenance politique. Pour le porte-parole du parti, Alex Mashilo, la cause était entendue : le SACP ne pouvait pas faire campagne pour un parti qui ignorent les besoins des travailleurs et de la population. « Ce scrutin est un des terrains de la lutte pour l’amélioration des services à la population ».

Ce scrutin est emblématique du fossé qui se creuse chaque jour un peu plus entre les alliés d’hier. Le limogeage de Blade Nzimande, dans le dernier remaniement ministériel, les décisions unilatérales prises par l’ANC ne sont plus acceptables par un parti qui a publiquement demandé la démission du Président Jacob Zuma.

Toutes les tentatives de rabibochage électoral par l’Anc ont été vertement rejetées par le porte-parole du Sacp de la province « Il est clair qu’il serait injustifié et contraire à nos principes d’espérer que le SACP, étant donné ce qui s’est passé à Metsmaholo, soutienne les décisions de factions et de division désastreuses qui ont cours dans la région et la province ».

Nul doute que cette élection partielle sera suivie attentivement par tous les analystes politiques, car elle sera une étape décisive pour les élections de 2019. Déjà Susan Booysen, professeur à l’université de Wits remarque que cette décision reflète « le désespoir au sein de l’Alliance » et que la décision du SACP est une décision « courageuse » pour un parti qui avait mis tous ses espoirs dans l’élection de Jacob Zuma à la tête de l’Anc et du pays en 2007 et qui avait depuis renoncer à mener sa propre politique.

Publié le mercredi 29 novembre 2017


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