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Cri d’alarme à la Conférence sur le Sida à Durban

A l’ouverture de la Conférence nationale sur le sida, le 9 juin 2015, Nkhensani Mavasa, la Présidente de TAC a lancé un cri d’alarme sur la détérioration du système de santé en Afrique du Sud et l’urgence de prendre les mesures appropriés pour éviter un désastre

Après avoir rappelé les années de militantisme pour arriver à contrer la politique de déni de l’ancien président, Thabo Mbeki et de sa ministre de la santé, responsables de la mort de milliers de malades du sida, de bébés infectés à la naissance par le virus VIH, et de milliers d’orphelins, et obtenir enfin une politique cohérente de traitement du sida, le discours de Nkhensani Mavasa a pris une toute autre direction.

Je suis là pour vous dire que les bonnes nouvelles sont finies

Le système de santé ne fonctionne plus normalement ; les gens meurent de la tuberculose alors que c’est une maladie dont on peut guérir ; les cliniques et dispensaires manquent de personnel ; les stocks de médicaments et leur distribution sont erratiques et des malades ne reçoivent pas les médicaments dont ils ont besoin, le sida est la troisième cause de mortalité dans le pays, alors que l’Afrique du Sud a le plus important programme d’accès aux antirétroviraux du monde.

Il y a quelque chose qui ne va pas

La Présidente de Tac n’y va pas par quatre chemins. « Le système de santé est au bord du gouffre. Nous sommes dans la zone rouge. Les bonnes politiques élaborées au plus haut niveau, meurent dès qu’elles atteignent les provinces et sont totalement inexistantes au niveau local.

Ce dont nous avons besoin plus que jamais, c’est d’une direction politique forte pour remettre de l’ordre dans les services de santé provinciaux. Nous avons besoin d’hommes politiques prêts à prendre des risques et à dire Non à la corruption, Non au déplacement des cadres incompétents, Non aux responsables provinciaux inefficaces.

Changer dans l’intérêt du système de santé et mettre fin au déni

Impossible de faire face au désastre qui attend l’Afrique du Sud si rien ne change dans la façon de faire. « Rien ne sert de remplacer un cadre incompétent par un autre cadre tout aussi incompétent, ‘cette façon de faire répond à des intérêts politiques partisans, pas aux besoins des gens. Il faut y mettre fin ». S’adressant aux participants, Nkhensani Mavasa n’hésite pas à dire « il y a un nouvelle forme de déni qui grandit en Afrique du Sud », en particulier chez les responsables de la politique de santé au niveau des provinces.

L’exemple catastrophique de la province de l’État libre

La secrétaire générale de Tac, Anele Yawa, a enfoncé le clou en s ‘appuyant sur l’exemple de la province de l’État libre, où le système de santé est incapable de répondre aux besoins de la population. Une enquête menée en 2014 fait état du manque d’équipement pour pratiquer les tests de dépistage et contrôle des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension ; des ruptures de stocks de médicaments pour traiter la tuberculose, le sida, le diabète et l’épilepsie ; manque de lits et literie, de gants et blouses dans les hôpitaux publics ; manque de personnel ; manque de points d’eau et de sanitaires ; service d’urgence inefficaces par manque de moyens.

Le responsable des services de santé pour la province, bien qu’il soit accusé de fraude et de corruption est toujours en poste parce qu’il « est loyal envers l’Anc » et ceux qui dénoncent l’état lamentable des services de santé se retrouvent devant les tribunaux.

La santé : un problème politique

En 2011, le Ministère de la santé a mis en place un système de décentralisation des traitements et soins pour les malades atteints de tuberculose, la forme résistante aux traitements normaux, qui était une bonne idée pour se rapprocher des malades. Quatre ans plus tard, on observe une énorme disparité entre les provinces : 185 centres décentralisés pour la province du Cap occidental et seulement 3 pour la province du Mpumalanga.

Pour les deux responsables de Tac, une organisation de 8000 adhérents et de 182 groupes locaux, la détérioration du système de santé publique est un enjeu politique majeur. Seule une volonté politique ferme et déterminée pour mettre fin à la gabegie qui prévaut dans la plupart des provinces pourra répondre aux besoins de la population.

Plus d'informations : TAC

Publié le samedi 13 juin 2015


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SIDA et santé

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