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Disparition d’André Brink

André Brink était certainement un des écrivains sud-africains le plus connu en France où tous ses romans ont été traduits. Son engagement pour dénoncer le système d’apartheid avec la seule arme de l’écriture, nous rappelle combien la liberté d’expression est la pire ennemie des dictatures.

André Brink était un Afrikaner, né en 1935 à Vrede une petite ville de ce qui était alors l’Etat libre d’Orange. Après des études d’Anglais et d’Afrikans, il part poursuivre ses études à Paris, à la Sorbonne. La France devient « sa seconde patrie » et c’est sur les bancs de la Sorbonne, où se mêlent les étudiants sans distinction de couleur de peau, qu’il comprend mieux ce qui ne va pas dans son pays.

Il rentre dans son pays et devient dans les années 1960, un membre dirigeant de ce groupe d’écrivains Afrikaners, les Sestigers, qui dénoncent le système d’apartheid au risque de voir leurs ouvres censurées et d’avoir de sérieux ennuis avec la police. Ils dénoncent l’hypocrisie et la bigoterie d’un ordre moral qui voulait justifier la répression la plus sauvage au nom de la défense des valeurs chrétiennes.

André Brink écrivait en Afrikans, sa langue maternelle, mais son premier livre censuré l’incite à écrire en anglais. Tous ces livres ont été traduits en français soit de l’Afrikans ou de l’Anglais. Un de ces plus connus, Une Saison Blanche et Séche, le titre est un vers du long poème de W.M Serotee, un poète noir, sera publié en anglais quasi clandestinement pour éviter la censure. Le livre sera interdit en Afrique du Sud et son auteur poursuivi. Le roman sera adapté au cinéma par Euzhan Palcy, la réalisatrice française, née en Martinique, et connaitra un grand succès.

Tous les livres d’André Brink ont été traduits en français et leur lecture a contribué à une meilleure connaissance, par un large public, de la réalité du système d’apartheid. André Brink était aussi un excellent connaisseur de la littérature française, en particulier d’Albert Camus dont il a traduit les ouvrages.

Son dernier roman Phyllida retrace l’histoire d’une esclave dans une ferme tenue par la famille Brink, dont le fils aîné Frans, amoureux de Phyllida et à qui il fait quatre enfants, lui promet la liberté dès la proclamation de l’abolition de l’esclavage, ce qui sera fait en 1834 pour l’Afrique du Sud. Le patriarche ne l’entend pas de cette oreille et le livre raconte le long voyage de Phyllida vers la ville du Cap pour aller plaider sa cause auprès du juge. Avec l’histoire romancée de sa famille, Brink suggère que nombre de ses compatriotes, obnubilés par la blancheur de leur peau, renient une part de leur histoire.

Avec la disparition d’André Brink, disparait, après celle de Nadine Gordimer, une voix de ces intellectuels et écrivains sud-africains complètement lucides sur leur pays et engagés dans la lutte contre l’oppression et l’injustice.

Publié le samedi 7 février 2015


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