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Marikana, deux ans après

Il y a deux ans, le 16 août 2012, la police tirait sur les mineurs grévistes qui demandaient des augmentations de salaires. La Commission Farlam chargée de faire la lumière sur cette tragédie s’embourbe et les familles des victimes ont manifesté et exprimé leur douleur en allant manifester devant le siège de la Commission jeudi 13 août.


Cyril Ramaphosa et la Commission Farlam
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Pour toutes ces familles, ce drame a transformé leur vie de famille pauvre, en vie de misère. Les mineurs sont des travailleurs migrants, beaucoup viennent de la province du Cap oriental, qui recoupe les anciens bantoustans du Transkei et du Ciskei , réservoir de main-d’œuvre à bon marché. Ils vivent dans des conditions précaires sur place, envoie de l’argent à la famille, au sens large car un salaire peut faire vivre 10 personnes, rentre un ou deux fois l’an au village et retourne à la mine jusqu’à ce qu’ils ne soient plus aptes au travail, silicosés, tuberculeux ou infectés par le virus du sida.

Cyril Ramaphosa, actuel Vice-président de l’Anc et du pays, est venu témoigner devant la Commission Farlam dont la mission est d’établir la vérité sur les responsabilités de tous ceux qui ont été impliqués dans cette tragédie : les mineurs, les syndicats, la direction de Lonmin, la police, le gouvernement. Cyril Ramaphosa, qui était alors un des actionnaires de Lonmin doit s’expliquer sur l’envoi de messages électroniques ambigus. L’avocat pour les mineurs accuse l’actuel vice-président d’avoir fait pression sur la police pour qu’elle agisse contre les grévistes en qualifiant la grève comme une « action criminelle » et en demandant « une action concomitante pour régler la situation ».

La déposition de Cyril Ramaphosa devant la Commission a été plus que mouvementée, les survivants et les familles présentes dans la salle ont laissé libre cours à leur colère en traitant le Vice–président de « vendu » qui n’hésitait pas à dépenser 18 millions de rand pour acheter un buffle alors que les mineurs travaillent pour des salaires de misère.

Ramaphosa, un ancien dirigeant du Num, le syndicat affilé à la Cosatu, qui avait dirigé la grande grève des mineurs en 1987, a reconnu devant la Commission qu’il n’avait pas joué son rôle en tant qu’actionnaire de Lonmin car lui , connaissait les conditions de vie des mineurs. Il a reconnu qu’il n’avait pas prêté attention au fait que les mineurs recevaient une allocation de logement totalement insuffisante pour se loger correctement. « Nous aurions du regarder de plus près où et comment vivaient les mineurs parce que les conditions dans lesquelles ils vivaient, ce n’est pas quelque chose dont je peux dire que je suis fier. Ces conditions de vie étaient épouvantables. Elles étaient vraiment affreuses. Elles étaient inhumaines et j’aurai du et toute la direction aurait du y prêter attention ».

Les excuses de Cyril Ramaphosa n’ont pas vraiment impressionné l’avocat des familles et des mineurs, Dali Mpofu, qui voudrait le faire comparaître devant un tribunal pour meurtre avec toute la direction de Lonmin.

En attendant que la commission finisse ses travaux et rende son rapport public, les Sud-Africains peuvent voir deux documentaires sur le massacre de Marikana, A Miner’s Tale de Nic Hofmeyer et Gabriel Mondlanle et A Miner’s Shot Down de Rehad Desai à Johannesburg pour commémorer la plus grande tragédie de l’Afrique du Sud depuis 1994.

Publié le jeudi 14 août 2014


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