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Mines de platine : quelle issue après dix semaines de grève ?

Les mineurs de platine sont en grève depuis le 23 janvier et aucun indice de résolution du conflit n’est perceptible. Le patronat envisage de fermer les mines les moins rentables et les mineurs en grève n’ont plus les moyens de nourrir leurs familles. Une impasse lourde de conséquence à quelques semaines des élections.

Les mines de platine d’Amplats et Lonmin sont à l’arrêt depuis 10 semaines. Amplats la plus grande compagnie minière de platine qui opère dans la ville de Rustenberg , après avoir licencié 7500 mineurs pour améliorer ses profits, envisage de fermer la mine si aucune solution n’est trouvé au conflit qui l’oppose au syndicat Amcu qui réclame toujours un salaire mensuel de 12500 rands, soit 30% d’augmentation par rapport au salaire actuel.

Pour beaucoup d’analystes on approche du point de rupture et la fermeture de nombreux puits de mine devient l’option la plus sérieusement envisagée pour mettre fin au conflit, mais elle aura un effet dévastateur sur l’emploi et Amcu risque d’en porter la responsabilité. De nombreux puits pourraient être touchés par cette mesure et le patronat envisage déjà d’avoir recours à la section 189 du Code du travail pour pouvoir procéder à ces licenciements massifs.

L’autre solution pour assurer la rentabilité des mines serait de procéder à la mécanisation de la production ce qui entraînerait aussi des suppressions d’emploi dans toutes les mines du pays. Pour le syndicat Solidarity, le jusqu’auboutisme d’Amcu risque de coûter très cher aux mineurs, car même s’ils gardent leur emploi, il leur faudra beaucoup de temps pour rembourser ce qu’ils ont emprunter à des taux d’usure exorbitants pour continuer à nourrir leurs familles.

En attendant ce sont les petites unités de production et les sous-traitants qui souffrent le plus de cette grève. Presque tous sont au bord du gouffre financier et voient mal comment éponger leurs dettes même si le travail reprend. L’impact de la grève sur les entreprises locales qui ont des contrats avec les grandes compagnies minières est énorme, même s’il est difficile de le chiffrer. La plupart sont à bout de souffle et ne pourront pas reprendre leurs activités. Implats avait recours a 120 entreprises locales qui employait 12 000 personnes autour de Rustenberg. Plus aucune ne fonctionne.

Les grandes compagnies n’ont pas été prises au dépourvu comme pour les grèves de 2012 et leur stock de minerai leur permet de répondre à la demande et les mines où Amcu n’est pas le syndicat majoritaire ne sont pas en grève et continuer la production.

De plus, le cours du métal est resté pratiquement stable depuis le début du conflit, et à même baissé, passant de 1450 dollars l’once au début de la grève à 1412 le 28 mars. Un mystère pour les spécialistes, car une grève aussi longue aurait du voir le cours du platine s’envoler. Ce maintien du cours du métal a pour conséquence de maintenir le cours des actions des grandes compagnies.

Ce conflit d’une longueur exceptionnelle et qui pourrait durer jusqu’aux élections du mois de mai, a surtout pour effet de toucher les grévistes qui n’ont pas reçu de salaires depuis des semaines et les entreprises les plus vulnérables.

Publié le lundi 31 mars 2014


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