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Qui se souvient de Neill Aggett ?

Neill Agett fait partie de ces Sud-africains blancs qui ont choisi de lutter contre l’apartheid au lieu de profiter des avantages que le système leur offrait. Arrêté, torturé, il fut retrouvé pendu dans sa cellule. La police conclut à un suicide. Ses tortionnaires n’ont jamais été poursuivis.

Neill Agett avait 28 ans quand ses geôliers du commissariat de John Vorster Square, le trouvèrent mort dans sa cellule le 4 février 1982. Ce fut le premier prisonnier blanc a trouvé la mort aux mains de la police depuis 1963. Ses funérailles furent suivies par une foule immense.

Il était né au Kenya en 1953, mais ses parents s’installèrent peu de temps après en Afrique du Sud. Il fit des études de médecine et aurait pu couler des jours tranquilles, mais il prit fait et cause pour la libération du peuple noir d’Afrique du Sud, ce qui lui valut la rupture avec son père, et une vie clandestine pleine de dangers. Devenu syndicaliste, il eut pour mission d’organiser le syndicat de l’alimentation et des conserveries. Il fut arrêté le 27 novembre 1981.

Un symposium à sa mémoire, organisé par trois associations, a eu lieu à l’université de Johannesburg, le 4 octobre 2013 et des vétérans de la lutte, comme Georges Bizos, le célèbre avocat de Nelson Mandela, et Jay Naidoo, premier secrétaire général du Cosatu, y ont pris la parole. Le sujet traité était le suivant « Les professionnels de santé peuvent-ils être des moteurs du changement en Afrique du Sud ? »

Georges Bizos a souligné qu’un médecin pouvait être au service de la mort, comme Wouter Basson,surnommé Docteur la Mort, ou les médecins qui estimèrent que Steve Biko « faisait semblant » de souffrir et pouvait faire 1000 kilomètres dans le fourgon d’une ambulance, ou bien choisir, comme Neill Agett, de mettre son savoir au service des opprimés.

Jay Naidoo a mis la question de la justice sociale au centre de son intervention, et souligné l’absence de volonté politique aujourd’hui pour que cette justice se concrétise. Il a aussi fait référence à Steve Biko en le citant : « vous pouvez faire le choix de la justice et vous pouvez en mourir, mais votre mort sera honorable ».

Si aujourd’hui, il ne s’agit pas de mourir pour la justice en Afrique du Sud, la question reste posée de savoir comment réagir face à la corruption qui gangrène le système de santé, à l’incompétence, la mauvaise organisation et comment réagir devant l’intimidation dont sont victimes ceux qui les dénoncent.

En marge de cette commémoration, Neill Aggett Support Group, multiplie les efforts pour faire toute la lumière sur les circonstances de la mort du jeune médecin militant. Selon le Ministre de la justice une enquête est ouverte. Au cours de la Commission Vérité et Réconciliation, ceux qui ont été reconnus « directement responsables » des conditions de détention de Neill Aggett, conditions si épouvantables qu’elles ont conduit à sa mort , n’ont pas demander l’amnistie.

Le militant fut incarcéré sans jugement pendant 70 jours, torturé, menotté, interrogé pendant 62 heures juste avant sa mort. Les deux responsables de cet interrogatoire musclé, le Major Arthur Benoni et le Lieutenant Steven Whiteheads ont été reconnus responsables de sa mort, tout comme le magistrat qui n’a pas pris la peine de se préoccuper des conditions de détention.

Neill Agett Support Group exige que ces responsables soient traduits devant la justice et répondent de leurs actes. La réponse positive du Ministre de la justice donne espoir que justice sera rendue, mais la famille comme Khulumani Support Group, qui fait campagne pour des compensations aux victimes de l’apartheid, restent prudents.

Publié le mardi 8 octobre 2013


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