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La force de la société civile sud-africaine

Si la presse regorge d’articles sur la corruption, la violence, les difficultés économiques et politiques en Afrique du Sud, rares sont les articles qui rendent hommage à la vigilance citoyenne des Sud-Africains. Et pourtant, pas un jour ne se passe sans que des organisations de citoyens sonnent l’alarme sur ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leurs droits inscrits dans la constitution de leur pays.

Le régime d’apartheid n’a pas survécu à ce formidable mouvement de masse qu’a été le Front démocratique uni, formé en 1983, regroupant des organisations de femmes, de jeunes, des églises, des syndicats, tous unis pour en finir avec l’oppression et l’injustice. Si le Front démocratique uni n’existe plus, son esprit de contestation n’a pas pour autant disparu.

Dans un article qui rend hommage à ces organisations qui continuent dans un contexte nouveau, à faire entendre la voix de ceux qui n’acceptent pas ce qu’ils estiment contraire à la démocratie si chèrement gagnée, le quotidien Daily Maverick donne un aperçu de l’activité de ces organisations qui ne baissent jamais les bras.

La lutte contre le sida et l’accès aux traitements pour les malades a marqué les années 1999-2010 avec les campagnes menées par Treatment Action Campaign , une organisation qui a pris appui sur le droit à la santé pour venir à bout des propos négationnistes du Président Thabo Mbeki et finalement faire reculer l’Etat et donner de l’espoir à des millions de personnes infectées par le Vih/sida. Cette lutte est admirablement racontée dans le documentaire : Tac Taking Heart de Jack Lewis (voir notre article).

Le domaine de la santé publique reste un domaine sensible, même avec un ministre compétent et actif. Il ne peut pas à lui tout seul lutter contre la corruption et l’incompétence des responsables au niveau provincial. La situation catastrophique du système de santé dans la province du Cap oriental (les anciens territoires des bantoustans du Ciskei et du Transkei) a remis les militants de Tac et ceux de l’organisation Section 27 en ordre de bataille pour éviter une catastrophe sanitaire dans cette province.

Section 27 et Equal Education bataillent sur le front de l’éducation et dénoncent tous les dysfonctionnements du système. Leurs militants étaient les premiers à dénoncer le scandale des manuels scolaires dans la province du Limpopo et ils ont amené la ministre de l’éducation à rectifier la situation, ainsi qu’à redoubler d’efforts pour que les écoles de cette province, pauvre et rurale, disposent de sanitaires dignes de ce nom, de matériel de base comme des tables et des chaises.

Right2know a mené la bataille contre la nouvelle loi sur la presse qu’ils estimaient dangereuse et liberticide. Des mois de campagne ont amené le gouvernement à revoir le projet de loi qui menaçait de prison les journalistes d’investigation et visait à faire de toute information sensible un « secret d’état ». La loi est toujours à l’étude et le Président Zuma lui-même reconnaît que le projet doit être revu.

La tragédie de la mine de Marikana a choqué l’opinion publique et au delà de l’émotion une aide aux familles des victimes s’est organisé pour les aider dans les difficultés immédiates et aussi pour que la vérité soit faite sur les responsabilités de la police, du gouvernement, des syndicats.

Khulumani Support Group, qui a été crée pour aider les victimes des crimes de l’apartheid à faire valoir leurs droits à des indemnités et qu’elles soient payés par les multinationales qui ont fait du profit en se mettant au service du régime d’apartheid, fait partie des organisations qui viennent en aide aux victimes de Marikana, avec les églises et d’autres organisations comme The Bench Marks Foundation et la toute nouvelle Citizens4Marikana qui a organisé une manifestation pour que l’Etat accorde une assistance judiciaire aux familles et victimes qui n’ont pas les moyens de payer les frais d’un avocat.

Il faudrait aussi citer les habitants des bidonvilles qui essaient d’organiser et de canaliser la colère des habitants qui attendent des logements, des adductions d’eau ou des installations sanitaires dignes de ce nom.

L’héritage de l’apartheid, c’est aussi la force d’une société qui sait encore se mobiliser pour dénoncer ce qui ne va pas dans cette toute jeune démocratie. Une vitalité qui est bon signe pour avancer vers plus de justice et de liberté.

Publié le mercredi 18 septembre 2013


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