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Born-free : pour qui vont-ils voter en 2014 ?

La génération des Sud-africains nés après la fin de l’apartheid, ceux qu’on appelle les « born-free » vont voter pour la première au printemps 2014. Tous les partis convoitent leurs votes, mais nul ne sait pour le moment où ira leur choix.

L’Afrique du Sud est un pays jeune, pour les 20 prochaines années, on évalue entre 14 à15 millions le nombre des jeunes de 15 à 29 ans. Pour les élections de 2014, selon la Commission électorale indépendante, 31,4 millions d’électeurs seront appelés aux urnes et 35% d’entre eux seront âgés de 18 à 30 ans, de deux à trois millions pourraient y glisser leur bulletin. Autant dire que leur vote est convoité par tous les partis politiques.

Le parti au pouvoir, l’Anc, ne s’y est pas trompé et a multiplié les appels à la jeunesse pour la commémoration du soulèvement de Soweto du16 juin 1976. Le Président Zuma et nombre de ministres ont rappelé l’importance de cet événement pour l’histoire de la libération du pays où la jeunesse en descendant dans la rue a donné un coup d’accélérateur à la lutte. Il a redit les avancées faites en 19 ans par le gouvernement démocratique mais a reconnu ses faiblesses et ses échecs en matière d’éducation en particulier. Il a toutefois appelé les jeunes « a combattre les fléaux de la drogue, de la violence avec la même vigueur que nous avons combattu l’apartheid ».

Tous ont insisté sur la nécessité de faire plus pour l’éducation et l’emploi : 65% des jeunes sont au chômage et ceux qui sortent du système éducatif ont peu de chance de trouver un emploi parce que leur formation n’est pas à la hauteur de ce qu’exige le monde du travail, ne leur reste alors que l’oisiveté forcée.

La ministre de la Défense Mapisa-Nqakula, a incité la jeunesse à ne pas désespérer et elle a réaffirmé que le gouvernement a l’obligation de respecter la Constitution qui reconnait à tous les citoyens le droit à l’éducation et à la santé. Le ministre des sports de la région du Gauteng qui s’adressait aux jeunes dans un stade de Soweto a lui parlé de « dégénérescence morale » des jeunes qui s’adonnent à la violence et à la drogue.

Au cours d’une enquête menée par Ipsos, au niveau mondial sur ce que pensent les jeunes de leur situation, les jeunes sud-africains semblent plutôt optimistes : ils sont fiers d’être sud-africain à 73 % ; ils pensent que le pays va dans la bonne direction à 40% ; et seulement 29% ne sont pas satisfaits de leur situation actuelle. Mais les jeunes ne forment pas un bloc uniforme et tous les partis vont tenter de capter leur voix.

La Ligue des jeunes de l’Anc, secouée par les turpitudes de son fougueux dirigeant, Julius Malema exclu de l’Anc n’est pas vraiment en mesure de capter les votes des jeunes. L’Alliance démocratique qui fait de gros efforts pour attirer les électeurs noirs vers elle peut séduire une frange des jeunes urbains de moins de 30 ans qui ont bénéficié des avantages du Black Economic Empowerment et qui forment le gros des troupes de la nouvelle bourgeoisie noire.

Le tout nouveau parti Agang Sa , lancé par Mamphela Ramphele , une militante anti apartheid du Mouvement de la conscience noire saura-t-il séduire les jeunes ? Le discours de lancement du parti en dénonçant la corruption, les scandales à répétition, l’enrichissement personnel, les échecs du gouvernement en matière d’éducation peut séduire une frange des déçus du gouvernement, pas forcément les jeunes mais plutôt des militants des nombreuses associations qui luttent chaque jour pour le droit à l’éducation, à la santé, au logement.

Pour les analystes et chercheurs en sciences politiques on ne peut pas parler de « la jeunesse » en général. Pour le Professeur Friedman, les jeunes ont un entourage qui influence leur choix politique et « ils partagent dans leur grande masse les valeurs de la génération précédente » ; pour le Professeur Fakir, les jeunes ne voient pas comme leur aînés la solution à leur problème par un choix électoral.

Il reste un an avant les élections pour que les partis affutent leurs arguments pour convaincre les jeunes à faire des choix qui pourront avoir vraiment une influence sur leur vie future.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le mardi 25 juin 2013


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