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Ce n’est pas seulement la faute de l’apartheid !

Il y aura bientôt 20 ans que le régime d’apartheid a été remplacé par un gouvernement élu au suffrage universel et l’héritage du passé reste toujours l’excuse pour ce qui ne va pas bien en Afrique du Sud. Trévor Manuel, Ministre du Plan, vient d’exprimer sa lassitude devant cette excuse trop facile au cours d’une réunion des grands serviteurs de l’Etat et sa diatribe a fait des vagues.

« Nous ne pouvons plus plaider l’ignorance ou le manque d’expérience. Depuis près de 20 ans les gens sont très patients devant la médiocrité des services publics. L’Anc est au pouvoir depuis 4 mandats et il faut qu’il prenne ses responsabilités. Le régime de Botha n’est plus là pour nous surveiller, nous sommes responsables » a tonné le Ministre à la tribune, assuré que ces paroles allaient en faire sourciller plus d’un.

La ligne de partage entre le domaine politique et ce qui relève de l’administration est trop souvent brouillée et cette confusion aboutit à des conflits d’intérêts graves au détriment du citoyen ordinaire qui attend de l’Etat des services auxquels il a droit.

Très souvent les hommes politiques et les hauts fonctionnaires sont issus de la même famille politique, le plus souvent l’Anc, et ils se sentent responsables devant leur parti et non pas devant l’Etat ce que le Ministre du Plan déplore. Ce qui aboutit, en cas de désaccord, à un remplacement trop rapide des directeurs dans les ministères et au dysfonctionnement des services.

La question des pots de vin dans les appels d’offres, ou les appels d’offres truqués et attribués aux amis politiques est la preuve la plus voyante de cette confusion des genres. La mauvaise gestion des fonds alloués aux gouvernements locaux, ou pire leur « évasion » dans la poche d’élus indélicats a fait trop souvent les choux gras de la presse, du scandale des manuels scolaires disparus dans la province du Limpopo à celui d’un ministre du Mpumalanga qui carrément volé l’argent de l’Etat.

L’Etat a besoin de fonctionnaires compétents, professionnels et qui ne doivent de compte qu’à l’Etat qui les emploie pour être au service de tous. « Peu importe qui vous a nommé, peu importe comment vous avez été nommé, vous ne devez aucun compte au parti au pouvoir » a martelé le Ministre du Plan.

Le Syndicat Nehawu qui compte 23000 adhérents et où se retrouve des enseignants et des personnels de santé n’a pas apprécié cette volée de bois vert faite aux fonctionnaires. L’héritage de l’apartheid et les politiques de privatisations, de diminution des effectifs, de partenariats public–privé menées alors que Trevor Manuel était Ministre des finances seraient selon le syndicat les deux causes de la situation catastrophique de l’administration publique aujourd’hui.

Publié le samedi 6 avril 2013


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