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Que font les soldats sud-africains en Centrafrique ?

La mort de treize soldats sud-africains dans la bataille de Bangui soulève de multiples questions sur la nature de leur mission et la légitimité de leur présence en Centrafrique. La décision de rapatrier 168 soldats, rapatriement non confirmé officiellement par les autorités militaires, ne fait qu’alimenter les spéculations sur la responsabilité du gouvernement sur la mort de ces soldats. Pour qui et pourquoi sont-ils morts ?

Selon, le Général Akanga, chef de la mission régionale de maintien de la paix (Fomac) il ne resterait plus en Centrafrique que 18 soldats sud-africains, mais l’armée sud-africaine a refusé de confirmer cette information.

Cependant l’activité à la base militaire de Waterklloof avec atterrissage et décollage de gros porteurs russes Antonov que l’armée sud-africaine utilise pour le transport de ses troupes confirmerait ce retrait.

Si ces 18 soldats restent à Bangui ont peut penser qu’ils poursuivront la mission initiale de l’Opération Vimbezela qui consistait selon l’accord bilatéral conclu avec le Président Bozize à former l’armée centrafricaine. Cet accord serait toujours valide après la prise de pouvoir par Michel Djotodia qui dans un entretien avec l’agence Reuters a indiqué sa préférence pour une aide militaire française ou américaine. Le Président auto proclamé ne cache pas son peu d’estime pour l’aide militaire sud-africaine.

Le nouveau dirigeant de la Centrafrique a aussi déclaré qu’il allait revoir les accords miniers au profit de l’Afrique du Sud et de la Chine. Le Président déchu, François Bozize avait accordé des droits de prospection à la compagnie chinoise China National Petroleum Corp près de la frontière tchadienne et à une compagnie sud-africaine, Dig oil près de la ville de Carnot, au sud-est du pays.

La « débâcle de Bangui » a été dénoncée par le syndicat Sandu des fores armées sud-africaines. Leur porte-parole a indiqué que les soldats avaient manqué de munitions pour repousser les forces rebelles et que les soldats français étaient venus à leur rescousse et avaient négocié la libération d’une vingtaine de soldats sud-africains capturés par les rebelles.

Pour beaucoup d’analystes, la mort tragique des soldats sud-africains met en avant la question de savoir quel est la stratégie de la présence sud-africaine sur le continent africain et quel rôle peut jouer une armée dont le budget est loin des ambitions affirmées de garantir la paix en Afrique.

L’opinion publique est sous le choc et se pose la question : comment en est-on arrivé là ?

Pour certains analystes le choc est d’autant plus fort que les médias en général ne se préoccupent pas beaucoup de ce qui se passe sur le continent africain. Pour Leonard Martin, l’opinion publique est laissée dans l’ignorance des activités de son armée comme au temps de l’apartheid, bien que ces activités coûtent cher à la nation et finalement servent « à soutenir un dictateur, ce qui est contraire à notre Constitution » et il pose la question « Où avez-vu un pays être mêlé dans une guerre qu’on ne peut même pas définir ? »

Pour Ebrahim Fakir , un autre analyste politique la question est de savoir ce que sont devenus les intellectuels qui pourraient animer le débat sain et démocratique sur le déploiement de l’armée sud-africaine sur un sol étranger. Le manque de ressources a amené à la fermeture de centre de réflexion, comme l’Institut pour la démocratie en Afrique et le Centre d’études politiques et d’autres adoptent un ton prudent pour éviter l’arrêt des subventions.

Le vice Chancelier de l’université de Wits à Johannesburg, Adam Habib, estime pour sa part que « l’âge d’or » de la discussion politique des années 2006 -2009 est révolue et qu’il règne maintenant un climat « anti-intellectuel » qui empêche une discussion saine et nécessaire sur la politique suivie par l’Anc et le gouvernement. Il déplore le manque d’attention du Président Zuma et de son gouvernement aux signaux qui s’expriment, souvent sous forme violente, du mécontentement de la population.

Le parti d’opposition, l’Alliance démocratique demande une commission d’enquête sur la présence des troupes sud-africaines en Centrafrique et des éclaircissements sur les événements qui ont conduit à la mort de treize soldats, mais l’opinion publique sud-africaine saura-t-elle un jour la vérité ?

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le mardi 2 avril 2013


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