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L’augmentation qui annonce une transformation de l’agriculture sud-africaine

Le gouvernement a tranché dans le conflit du secteur agricole : le salaire minimal journalier payé aux travailleurs agricoles doit être de 105 rands comme il avait été déjà convenu dans un certain nombre d’exploitations, accord qui avait suspendu le mouvement de grève. Mais l’avenir de l’agriculture sud–africaine va bien au-delà de la question des salaires comme le souligne la satisfaction prudente du Cosatu.

Augmenter les salaires des travailleurs agricoles de 50% n’a rien d’extravagant et personne n’en conteste le bien fondé. La Ministre du travail qui a décidé le passage de 69 rands à 105 rands du salaire journalier a simplement pris en compte toutes les analyses, études et recommandations qui démontrent qu’il est impossible de vivre décemment avec des salaires aussi bas.

Toutes les études montrent que les prix des denrées alimentaires ont été largement touchés par l’inflation entre 2010 et 2012 et que pour assurer le fonctionnement de base d’une famille de 4 personnes, il faudrait au moins un salaire mensuel de 5630 rands, loin donc des 2274 rands que les ouvriers toucheront à partir du 1er mars 2013.

Il y a tout lieu de penser que la demande de 150 rands par jour va resurgir car c’est ce salaire qui permettrait à nombre d’ouvriers agricoles de se nourrir et de nourrir leurs familles correctement. C’est ce que le Cosatu suggère dans sa déclaration « bien que significative, cette augmentation ne répond pas à la demande du salaire journalier de 150 rands… C’est un « minimum » et cela ne doit pas être vu par les patrons comme un maximum ».

Les syndicats patronaux brandissent le spectre de la faillite des petits exploitants qui ne pourront pas payer ces salaires, du licenciement et du recours à la mécanisation. Agri Sa estime que cette « victoire » va mener à une modification en profondeur du monde agricole sud-africain qui va être fatale aux petites et moyennes exploitations. Tau Sa dénonce la pression et l’intimidation exercées par les travailleurs saisonniers et la crainte que ces méthodes ne s’étendent à d’autre secteurs, ce qui va empoisonner les relations futures entre ouvriers et patrons.

Le rapport remis au ministère estime qu’il est difficile de faire une estimation précise en termes d’emplois de l’impact de l’augmentation, mais il est certain que cette décision est annonciatrice d’une transformation radicale de l’agriculture sud-africaine. D’un système qui reposait sur un emploi massif de travailleurs sous payés et sous qualifiés, l’agriculture sud-africaine va devoir passer à un système plus mécanisé avec une main-d’œuvre plus réduite mais, plus qualifié.

Si le Cosatu refuse de faire un lien systématique entre augmentation des salaires et licenciements, il met en avant le besoin de revoir en profondeur toute une série de questions qui affecte l’agriculture sud-africaine : les tarifs des produits agricoles, le dumping pratiqué par certains pays, comme le Brésil qui inonde le marche de poulets à bas prix, le manque de formation et les conditions de travail.

En acceptant de fixer un salaire minimal journalier pour les ouvriers agricoles, le gouvernement ne pourra pas esquiver des questions de fond sur la nature même de l’agriculture sud-africaine et la question brûlante de la redistribution des terres.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le mardi 5 février 2013


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Afrique du Sud

Terre et agriculture

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