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Raisins de sang de la province du Cap occidental

La grève des ouvriers agricoles de la région du Cap a pris une tournure tragique avec la mort d’un gréviste, tué par la police. De nombreux autres ont été blessés et les dégâts matériels sont importants. Toutefois, une trêve précaire est prévue pour donner le temps aux négociations.

La révolte des ouvriers agricoles a fait tache d’huile dans toute la région viticole du Cap et les violences on fait rage au point que la responsable de la province, Helen Zille a parlé de chaos et d’anarchie et a demandé l’intervention de l’armée.

Alors qu’à peine 6% des ouvriers agricoles sont syndiqués, le Cosatu a proposé de participer aux négociations avec une coalition de syndicats indépendants et des organisations non gouvernementales. Les ouvriers agricoles n’avaient pas le droit de se syndiquer au temps de l’apartheid et s’ils peuvent le faire aujourd’hui, cela n’est pas dans les habitudes et le fermier reste tout puissant sur sa ferme et impose sa loi.

Les grévistes ont accepté de suspendre leur grève pendant deux semaines pour donner le temps de revoir complètement la grille des salaires. Le gouvernement a annulé la loi sur le salaire minimum dans le secteur agricole qui était de 70 rands par jour, salaire que les ouvriers agricoles viennent de dénoncer comme étant un salaire insuffisant pour vivre.

L’annulation du salaire minimum soulève de nombreuses questions : faut-il avoir un unique salaire minimum pour tous les secteurs de l’agriculture ? Pour toutes les provinces ? Faut-il un salaire plus élevé dans la seule province du Cap ? Tout le monde n’a pas la même position et les discussions vont être serrées.

Les grévistes pourront décider de la poursuite de grève ou de la reprise définitive du travail après le 4 décembre selon ce qui sortira des discussions. Pour que le travail reprenne trois points doivent être respectés : une révision du salaire minimum ; pas de sanctions contre les grévistes et un salaire de 80 rands par jour en attendant l’accord salarial définitif.

Si la révision du salaire minimum est bien à l’ordre du jour, la question des sanctions est loin de faire l’unanimité. Les exploitants affiliés au Transvaal Agricultural Union, la plus réactionnaire des associations de fermiers, a demandé à ses adhérents de ne plus loger les grévistes qui ont participé aux destructions de matériel sur l’exploitation. « Comment pouvez-vous espérer que des ouvriers qui ont saccagé la ferme reviennent et vivent là et aient des relations normales avec le patron ? » s’est exclamé le président du Tau.

Un appel qui risque de mettre le feu aux poudres pour le secrétaire régional du Cosatu , Tony Ehrenreich. Déjà de nombreux travailleurs ont été expulsés de leur logement sur la ferme et des familles entières risquent de se retrouver sans toit. Devant l’attitude menaçante de certains fermiers, la plupart des ouvriers n’ont pas repris le travail et continuent de réclamer le doublement de leur salaire quotidien, soit 170 rands.

Dans une lettre ouverte, le secrétaire régional du Cosatu, reconnaît la gravité de la situation et la responsabilité des directions patronales qui nient la crise et trouvent les négociations sans intérêt ; la responsabilité politique du gouvernement qui a décidé d’un salaire minimum « qui est une insulte en cette période d’augmentations des prix des denrées alimentaires » et de conclure « nous avons tous contribué au développement de cette crise qui était devant nos yeux et qui a déclenché les grèves des travailleurs non syndiqués ».

La province du Cap occidental est la seule province dirigée par le parti d’opposition de l’Alliance démocratique (DA) et les rumeurs ont très vite couru pour dire que ce conflit n’était pas tant un conflit social qu’un conflit politique. Agri SA, le syndicat patronal qui regroupe la majorité des fermiers n’a pas hésité à dire que tout allait bien avant que quelques trublions extérieurs viennent jeter la zizanie.

Après cette flambée de violence, le monde agricole, comme le monde minier, ne peut pas continuer à faire l’autruche et refuser de voir que ces revendications expriment la volonté des travailleurs de pouvoir vivre décemment de leur travail et leur révolte contre des inégalités insupportables. Jacqueline Dérens

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le vendredi 16 novembre 2012


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