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Crise minière, économique et politique pour Jacob Zuma

La crise minière que traverse l’Afrique du Sud commence à inquiéter le cabinet présidentiel qui a pris l’initiative d’une rencontre des divers acteurs : patronat, syndicats et acteurs de la société civile. Mais au-delà de la crise minière, c’est toute l’orientation politique du pays qui est en jeu.

Les grands argentiers du pays viennent de tirer le signal d’alarme : Gil Marcus, la directrice de la Banque centrale et Pravin Gordhan, le ministre des finances. Les grèves sauvages qui paralysent la production minière vont avoir des effets dévastateurs sur la croissance, les emplois, et les rentrées fiscales donc sur le budget de l’état. On estime que près de 3 milliards de rands sont perdus pour le trésor public à la suite de l’inactivité des mines depuis plus deux mois.

Tout le monde est bien conscient que des solutions doivent être trouver rapidement au moins dans un premier temps pour calmer le jeu dans les mines, en attendant qu’un grand ménage soit fait dans la grille des salaires, comme dans les conditions de travail et surtout dans le fonctionnement même des mines.

Les mines sud-africaines sont vieilles, les méthodes d’extraction reposent toujours sur une main-d’œuvre mal payée et mal formée, facilement renouvelable. Certaines mines reprises par des patrons noirs, grâce à la politique du BEE, ne sont pas viables ou sont mal gérées et les salaires ne sont pas versés. Les conditions de vie des mineurs et de leurs familles sont exécrables.

Une enquête du Mail&Guardian montrent que les mineurs et leurs familles sont rackettés par des prêteurs qui exigent le remboursement des dettes à taux d’usure sous la menace d’un revolver. Dans certains cas, le prêteur demande à l’employeur de prélever le remboursement des dettes directement sur les salaires. Ce qui expliquerait en partie la confusion concernant le montant exact des salaires versés à Marikana.

Le puissant syndicat Num semble ne plus être à l’écoute des doléances des mineurs qui lui préfèrent le nouveau venu Amcu ou bien encore les comités de grève informels. La direction d’Implats affirme que le nombre de syndiqués au Num est passé de 70% des 28000 employés à moins de 13% en un an, ce qui lui retire sa légitimité alors que Amcu approche du seuil de 50% ce qui ferait de lui le syndicat majoritaire.

Un nouveau mouvement The Democratic Socialist Movement (DSM), qui est derrière les comités de grève menace d’organiser une grève dans toutes les mines du pays pour exiger dans l’immédiat un salaire de 12000 rands et à plus long terme la nationalisation des mines. Ce mouvement marxiste est un groupe dissident de l’Anc qui a rompu avec le parti en 1996 avec l’adoption de la politique économique néo-libérale GEAR, Croissance, Emploi et Redistribution

La violence au moment des grèves n’est pas nouvelle, mais elle prend des proportions inquiétantes. Au cinquante morts de Marikana, il faut ajouter les treize délégués syndicaux du Num qui devient la cible des mineurs en colère. Pendant la grève des transports, les non–grévistes étaient violemment agressés et les camions incendiés. La grève qui menace chez les employés municipaux peut aussi facilement dégénérer en affrontement avec la police.

Le pari de Jacob Zuma en réunissant les principaux acteurs de la crise minière est risqué parce que tout le pays attend avec impatience des solutions concrètes. Ces derniers temps quelques ténors de l’Alliance tripartite font entendre un refrain commun « le pays manque de direction politique ». C’est ce qu’ont dit Pallo Jordan ancien Ministre de la culture, Trevor Manuel , ministre du Plan et Zwelinzima Vavi, le secrétaire de la Cosatu qui met en cause tous les dirigeants politiques, en ajoutant qu’il n’y avait aucune volonté politique de voir mise en œuvre les décisions prises après de longues discussions.

Or ce qu’attendent depuis trop longtemps les Sud-africains ce sont des actions concrètes pour améliorer leurs vie et les mineurs en particulier qui n’ont pas l’intention de reprendre le travail sans satisfaction de leurs revendications.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le dimanche 14 octobre 2012


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