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Le Num a-t-il perdu son âme à Marikana ?

Parmi les innombrables questions qui reviennent pour expliquer la tragédie de Marikana, revient souvent celle du rôle du principal syndicat des mineurs, le Num, dans ce conflit social qui semble lui avoir échappé. Des articles, entretiens, analyses apportent des éléments sur le fonctionnement actuel du syndicat.

Le Num est le syndicat majoritaire dans les mines et a une position privilégiée de dialogue avec la direction des mines. Tous les deux ans des négociations salariales entre la direction et le syndicat ont lieu. Ce fut le cas dans les mines de platine où un accord pour 9% d’augmentation des salaires avait été conclu avec la direction de Lonmin, mais seuls le Num et Solidarity, le syndicat majoritaire parmi les travailleurs blancs, avaient signé cet accord, le syndicat Amcu n’étant pas reconnu.

Frans Baleni, le responsable national du Num reconnait que les délégués syndicaux sont souvent trop éloignés du syndiqué de base. Etre élu délégué apporte certains bénéfices que l’on ne veut pas perdre. « Vous avez droit à une formation et au bout du compte votre salaire augmente. Si vous n’êtes pas réélu vous perdez cet avantage. Si avant votre élection vous étiez au fond de la mine et que pendant trois ans vous avez eu droit à un bureau à la surface, vous n’avez plus envie de redescendre au fond…Ceux qui perdent leur mandat font tout pour être réélu, pour rendre la vie impossible au nouvel élu et finalement être réélu. Cela crée un mauvais climat ».

Une étude faite par le Num montre que les mineurs de la région de Rustenberg sont mal à l’aise avec leurs délégués syndicaux qui apparaissent bien éloignés de leurs problèmes. Un rapport national indique que le prochain congrès du Cosatu va devoir se pencher sur les questions d’organisation pour réduire sérieusement le fossé entre la direction du syndicat et ses adhérents.

Le rapport montre aussi que 60% des adhérents ne sont pas satisfaits des accords salariaux obtenus par le syndicat ; un universitaire met en avant les luttes de pouvoir au sein du syndicat qui éloigne les élus des réalités vécues par la base. « Ils ont tendance à se mettre du côté des patrons et à faire passer leurs intérêts personnels au détriment de ceux qui les ont élus ».C’est ce qui s’est passé dans les mines de platine de Lonmin où la direction a aussi exploité la tactique bien connue « diviser pour régner ».

Les dernières statistiques sur l’état des syndicats montrent que la moitié des syndiqués ont plus de 40 ans et que les jeunes sont sous représentés, et ce sont les jeunes qui forment les cohortes de chômeurs. Le salaire moyen d’un syndiqué au Cosatu est de 2500 rands par mois et les travailleurs du secteur public et des mines forment le gros des troupes du Cosatu qui compte 2 200 000 membres.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le jeudi 13 septembre 2012


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Afrique du Sud

Syndicats et monde du travail

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