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Marikana : après le massacre, le temps du deuil et de la réflexion

Jacqueline Dérens

Le pays pleure ses morts, les drapeaux sont en berne pour cette tragédie nationale. Mais les questions demeurent. Les commissions d’enquête vont tenter d’y voir plus clair dans le déroulement des évènements et les responsabilités mais le gouvernement n’échappera pas à une réflexion sur l’échec de sa politique.

Une semaine de deuil national est la moindre des choses pour honorer la mémoire de ceux qui ont payé pour l’irresponsabilité des uns, l’inaction des autres, la course aux profits d’un côté, l’extrême pauvreté de l’autre, le désarroi d’une société qui se délite après avoir cru aux miracles du changement de système et de gouvernement.

Le drame de Marikana est révélateur du malaise social grandissant. Le nouveau pouvoir n’a pas réussi à répondre aux attentes populaires qui étaient pourtant simples : un logement, une école, un hôpital, des services de base accessibles à chacun et un travail pour vivre dignement.

L’héritage laissé par un pouvoir fondé sur l’injustice et l’inégalité raciale a certainement était sous–estimé en dépit des efforts colossaux accomplis. Comment en moins de vingt construire une société sur de nouvelles bases de justice et d’égalité alors que les rapports économiques n’ont pas changé ?

Lonmin qui a joué le jeu de la division syndicale, qui a attisé le feu en laissant le conflit dégénérer, aujourd’hui ne trouve pour parler à ses employés endeuillés que des menaces : reprenez le travail ou partez ! Payer les obsèques des victimes, promettre de payer les études des orphelins est un bon geste, mais combien dérisoire face aux besoins de justice des travailleurs méprisés et exploités depuis des siècles.

L’attitude de la police suscite des commentaires qui rappellent le temps de l’apartheid. « Ils n’auraient pas osé tirer sur des travailleurs blancs » ; « le sang des pauvres noirs continuent à couler » et la déception amère « La plupart d’entre nous espérions en finir avec les injustices et la pauvreté. Mais ce que nous voyons c’est plus de souffrances pour les pauvres et les riches toujours plus riches ».

Que peut répondre le gouvernement et ses alliés le Cosatu et le Parti communiste sud-africain ? Il y a un échec patent de l’alliance tripartite qui loin de chercher à tenir les promesses faites aux électeurs s’est perdue dans une course effrénée au pouvoir et à ses avantages. L’enrichissement personnel a remplacé le dévouement et le désintéressement des anciens dirigeants de l’Anc et des syndicalistes.

Les reproches fusent sur l’attitude du syndicat qui s’est éloigné de sa base et passe plus de temps à parler politique que revendications salariales et conditions de travail, de même pour le Parti communiste à qui certains reprochent de participer au gouvernement. Tous ces dirigeants mènent aussi grand train avec voitures de luxe et belles maisons quand ils ne montent pas dans le « gravy train » de la corruption.

Dans ce climat où le pouvoir se préoccupe plus de sa survie que de répondre aux attentes populaires, le populisme d’un Julius Malema peut faire des ravages. La question est de savoir jusqu’où il peut entraîner la masse des pauvres dans une spirale de violence à venir si le pouvoir ne prend pas les mesures nécessaires pour éteindre le brasier qui couve. Le temps du deuil doit aussi être celui de la réflexion.

Publié le lundi 20 août 2012


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