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Malaise dans les mines de platine

La grève illégale et la situation très tendue qui a suivi le licenciement de 17200 mineurs par Impala Platinum, la plus grande compagnie minière de platine d’Afrique du Sud est révélateur d’un climat dangereux et nouveau entre les ouvriers et la direction des mines.

Après un mois de grève et de d’incidents graves, le reprise du travail pourrait se faire dans les mines autour de la petite ville de Rustenberg dans les jours qui viennent. Implats a perdu environ 3000 ounces de platine par jour de grève et à la mi février estimait la perte financière de plus 1,2 milliards de rands.

La genèse du déclenchement de la grève et sa poursuite est confuse et soulève des questions sur les relations entre patronat et syndicats et la détérioration du climat de confiance indispensable à des négociations transparentes et honnêtes.

La rivalité entre le Num, le syndicat historique des mineurs et le tout nouveau syndicat Amcu, Association des travailleurs des mines et de la construction semble être à l’origine du conflit bien que les deux syndicats rejettent cette explication. Pour Amcu qui compte moins de 1000 adhérents dans les mines d’Implats, c’est tout simplement impossible et pour le Num la vraie raison est dans l’annonce faite unilatéralement par la direction d’une augmentation de 18% pour une seule catégorie de travailleurs ce qui a provoqué la colère de ceux qui en étaient exclus, les foreurs et les démineurs plus qualifiés.

Le Num affirme qu’il n’a pas été mis au courant de cette décision de la direction alors qu’un accord salarial pour deux ans venait d’être conclu entre le syndicat et la direction. Mais l’annonce de cette augmentation a suscité rumeurs, interprétation et suspicion et l’arrêt de travail des foreurs sans qui la mine ne peut pas fonctionner, a mis le feu aux poudres dans un climat déjà difficile.

Amcu le syndicat minoritaire n’est toujours pas reconnu par la direction d’Implats qui a pour seul interlocuteur le Num ce qui pourrait être contraire à la constitution qui reconnaît à chacun le droit de choisir son syndicat. Cette querelle est le reflet des tensions politiques entre les membres de la triple alliance , Anc, Cosatu , Sacp et les partis d’opposition qui favorisent la création de syndicats en opposition à la toute puissance du Cosatu.

La question de l’influence des syndicats ne sera pas régler avec la simple ré-embauche des mineurs dans les mines de platine parce que la question va se poser de savoir si cette réembauche veut dire que les mineurs vont démarrer un nouveau contrat de travail avec perte de l’ancienneté et d’éventuels bonus catégoriels. Cette question va se régler par des négociations avec la direction et le Num qui a déjà prévenu d’un appel à la grève si les mineurs perdent leurs avantages d’ancienneté.

L’ autre facteur de mécontentement pour les mineurs, avancé par tous les syndicats, y compris Solidarity, le syndicat majoritairement blanc, est la dureté d’un travail qui n’est pas reconnu à sa juste valeur alors que les compagnies minières empochent des profits colossaux.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le mardi 21 février 2012


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Afrique du Sud

Syndicats et monde du travail

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