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Une assurance maladie pour tous les Sud-Africains

C’était une promesse faite à la conférence nationale de l’Anc de Polokwane il y a quatre ans. Le gouvernement vient d’annoncer sa mise en place expérimentale dans une dizaine de districts sanitaires dès avril 2012 et sa mise en place progressive pour tous, dans tout le pays d’ici 2025.

Dans un pays où plus de 80% de la population ne bénéficie d’aucune couverture médicale, où le sida et la tuberculose font des ravages, cette initiative était très attendue et dès la publication du Livre vert contenant les propositions pour l’assurance maladie (National Health Insurance), les syndicats, les organisations de la société civile et les partis politiques ont tous exprimé leur satisfaction, même si elle est tempérée par certaines inquiétudes concernant son financement.

Le Ministre de la santé en présentant le projet a réaffirmé que le droit à la santé pour tous est un droit humain qui doit être garanti à tous quelque soit ses ressources et que la notion de marchandise n’est pas applicable à la santé. Ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui en Afrique du Sud où le malade peut prétendre à des soins de qualité selon l’épaisseur de son portefeuille. Ceux qui en avaient les moyens pouvaient souscrire des assurances maladies privées et se faire soigner dans le secteur privé où la qualité des soins est bien supérieure à celle du secteur public.

Le délabrement du secteur public de santé en dépit d’un budget qui atteint 8,5% du Pib a atteint un tel niveau que des réformes en profondeur devenaient une urgence nationale. En même temps que la mise en place du NHI, le ministère de la santé va procéder à des réformes en profondeur dans la formation des médecins et des infirmières, dans la nomination des directeurs d’hôpitaux et dans l’administration des services de santé en général. Le manque de personnel dans les hôpitaux publics est si important, près de 5000 médecins et 16 000 infirmières, que le ministère envisage le recrutement de personnel étranger.

Alors que certains reprochent au Ministre Molotsaedi son approche prudente vis à vis du secteur privé, d’autres y voient une approche pragmatique pour préserver ce qui est bon dans ce secteur. Ainsi Tac et Section 27, deux organisations qui luttent sur le terrain pour aider les malades du sida déclarent : « nous soutenons un système de NHI qui va à la fois tirer bénéfice des atouts du système privé et public et corriger leurs faiblesses… Le système de santé doit être unifié sur la base des droits inscrits dans la Constitution ».

Le Cosatu pour sa part conteste les concessions faites au système privé et a affirmé sa « totale opposition au système du « payeur multiple » qui permettrait au système privé de faire payer une partie du coût des soins effectués dans un établissement privé par le NIH ce qui pour la centrale syndicale est contraire à l’esprit d’un service public de santé unifié promis à Polokwane.

La question du financement est aussi une source d’inquiétude, en particulier pour la classe moyenne qui craint une augmentation des impôts en dépit des assurances du ministre des Finances. Toutefois le ministre de la Santé a laissé entendre que les hauts revenus pourraient être plus lourdement imposés. La question reste un sujet de débat.

Tac et Section 27 ont exprimé leur inquiétude sur l’absence de référence aux immigrants et aux demandeurs d’asile puisque la gratuité des soins selon le NHI s’appliquera aux citoyens sud-africains et aux résidents permanents.

Même si certains points doivent être revus à lumière des discussions et remarques, ce document et les propositions qu’il contient vont dans le bon sens et toutes les parties sont prêtes à collaborer pour que l’accès aux soins de qualité pour tous devienne une réalité ce qui serait un changement radical du système de santé sud-africain.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le mardi 16 août 2011


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