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Les chants de libération font partie du patrimoine culturel sud-africain

L’histoire violente et tourmentée de l’Afrique du Sud ne facilite pas toujours le travail de réconciliation et les tribunaux sont amenés à trancher dans le vif de blessures encore ouvertes. Ainsi la justice doit examiner le cas de Julius Malema, le président de la Ligue de la jeunesse de l’Anc accusé d’incitation à la haine par des organisations afrikaners, pour avoir chanté le célébre « kill the boer ».

Avant de prendre une décision le tribunal a fait appel à plusieurs témoins. Wally Serote, poète et romancier, ancien combattant de la liberté, responsable des arts et de la culture, ancien directeur du projet du Freedom Park a été catégorique. Ce chant n’est pas un chant appelant au meurtre des fermiers afrikaners parce que le mot « ibhunu » désigne celui, blanc ou noir, qui appliquait par la force les lois de l’apartheid et dire que ce mot désigne les seuls boers est « de la pure ignorance ». Derek Hanekom, vice-ministre pour la science et la technologie avait soutenu la même thèse la veille.

Wally Serote a déclaré à la cour qu’il ne fallait pas interdire ce chant, mais plutôt rappeler aux générations d’aujourd’hui les circonstances dans lesquelles on le chantait. Parlant de sa propre expérience, il a expliqué qu’il était « un jeune homme en colère, prêt à tuer des Blancs » quand il a rejoint la branche armée de l’Anc, Umkhonto we Sizwe (MK).

Mais les militants plus expérimentés lui ont appris que la politique de l’Anc était d’arriver à construire un pays « non-racial » et c’est pour cela que la lutte armée de l’Anc a fait si peu de victimes civiles. Quand on donnait un fusil à un soldat de MK on lui disait « ce fusil appartient au peuple sud-africain. Tu dois l’utiliser avec grande responsabilité ».

Les échanges entre les avocats des deux parties ont été très vifs, mais Wally Serote est resté très ferme et à ajouter que si la préservation du monument consacré à la grande marche des Boers, le Voortrekker Monument, pouvait choquer certains citoyens, ce monument faisait partie du patrimoine de l’Afrique du Sud, tout comme les chants de libération. L’éducation bantoue, a t-il précisé, a privé d’éducation le peuple noir et ces chants étaient une forme d’éducation. Interdire ces chants, c’est interdire la culture.

Le secrétaire de l’Anc, Gwede Mantashe appelé aussi à témoigner devant le tribunal, a maintenu que ces chants appartenaient au mouvement de libération et faisaient partie de l’histoire sud-africaine. Ceux qui accusent l’Anc de racisme souffre selon lui du syndrome de « Malemaphobie », c’est à dire ne supportent pas les gesticulations et le langage outrancier de Julius Malema.

Des discussions ont eut lieu entre Afriforum, AgriSa et Afrikanerbond d’une part et l’Anc d’autre part pour que les minorités se sentent à l’aise dans « une Afrique du Sud qui appartient à tous ceux qui y vivent ».

Le dialogue est plus que jamais nécessaire pour que les jeunes générations comprennent d’où vient cette Afrique du Sud nouvelle. Pour Gwede Mantashe il faut qu’Afriforum comprenne que l’Anc a été un mouvement de libération et qu’Afriforum est une résurgence d’un syndicat de droite qui combattait pour que les emplois soient réservés aux Blancs.

L’éducation et l’enseignement de l’histoire sont certainement des outils plus délicats à manier que les décisions de justice pour aider à la réconciliation nationale. L ‘adoption du drapeau et de l’hymne national sont des symboles forts de l’Afrique du Sud nouvelle, mais il reste encore du chemin à faire pour que tous se sentent à l’aise dans un pays uni, non racial et non sexiste.

Plus d'informations : cosatu media monitor ; anc ; business day

Publié le jeudi 21 avril 2011


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