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L’Anc et les enseignants : le grand désamour

Quelques semaines après la grève de la fonction publique et le Conseil général national de l’Anc qui semblait avoir apaisé les tensions entre les syndicats et l’Anc, rien ne va plus entre le Sadtu, syndicat des enseignants, le gouvernement et l’Anc.

Le Sadtu qui compte près de 250 000 syndiqués tient son congrès après trois semaines de grèves qui ont paralysé les établissements scolaires peu avant les examens de fin de scolarité secondaire (matric) qui commencent en octobre. Les congressistes ont hué Gwede Mantashe , secrétaire général de l’Anc, ils avaient aussi malmené Angie Motshekga, la Ministre de l’éducation, la veille.

Le contentieux est sérieux entre le gouvernement et les enseignants qui ont déjà annoncé qu’ils ne signeraient pas l’accord salarial proposé pour la fonction publique. Ils estiment que leurs conditions de travail et leurs salaires sont inacceptables et déplorent la dégradation de leur statut social ces dernières années.

Mantashe a provoqué la colère des enseignants en les accusant d’utiliser les enfants dans les négociations salariales et surtout il les a accusés d’avoir pénalisé les enfants noirs par leur grève alors que les enfants des écoles privées, en majorité blancs, ont continué à aller en classe. Et pour enfoncer le clou, il a accusé les enseignants d’envoyer leurs propres enfants dans ces fameuses écoles privées.

Le Président du Sadtu avait, en ouverture du congrès, dénoncé l’attitude de certains syndicalistes qui pensent que les salaires sont la priorité du syndicat : « nous ne sommes pas une organisation pour la défense des salaires seulement. Vous voulez que l’on dise que tout va bien.Non tout ne va pas bien si vous ne faites pas votre travail d’enseignant ».

Il aussi fait remarquer que l’Afrique du Sud devait en finir avec un système scolaire qui réserve les bonnes écoles pour les riches et les écoles pauvres pour les pauvres. Il n’est pas satisfaisant que seulement 24 % des élèves qui ont commencé leur scolarité en 1998 soient arrivés à passer le « matric » , l’équivalent du baccalauréat ou que 70 % des élèves qui passent cet examen viennent de seulement 11% des établissements scolaires. Il a aussi critiqué la lenteur et la bureaucratie de l’administration pour admettre et corriger ses erreurs.

Mais ce congrès a vite pris une tournure plus politique avec l’intervention du secrétaire du Cosatu , Zwelizima Vavi, quand celui-ci a appelé de ses vœux la formation d’un seul syndicat pour tous les enseignants et quand Blade Nzimande, le Ministre de l’enseignement supérieur , a parlé de la question des nationalisations en mettant en garde ceux qui soutiennent cette proposition sans se poser la question de savoir qui fait cette proposition et pourquoi elle est faite.

La grève de la fonction publique a visiblement ébranlé les relations entre les enseignants, l’Anc et le gouvernement et le Conseil général national de l’Anc a laissé en suspens la question récurrente des relations entre les trois composantes de l’alliance qui devraient déterminer le choix des options politiques et économiques du pays.

Plus d'informations : cosatu media monitor

Publié le vendredi 8 octobre 2010


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