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Corruption et populisme, deux dangers pour la démocratie sud-africaine

L’hystérie verbale semble avoir pris la place du dialogue, les insultes volent bas, des affirmations sont assenées sans admettre la moindre controverse, la course à l’accumulation de biens et de richesse semble avoir remplacé chez beaucoup d’élus le dévouement et l’humilité au service du peuple et de la nation. Où sont passés les principes qui animaient les grands dirigeants : Albert Lutuli, Chris Hani, Oliver Tambo ou Nelson Mandela et bien d’autres moins connus ?

La corruption a gangrené toutes les sphères de la vie politique et obtenir un poste de responsabilité politique est la meilleure façon de s’enrichir. Le luxe dans lequel vive la plupart des élites politiques est devenu tellement choquant que le Cosatu a demandé un examen du style de vie des dirigeants. En ligne de mire, le sulfureux Julius Malema, Président de la ligue de la jeunesse de l’ANC, mais aussi le Président Zuma qui a d’ailleurs écarté la proposition.

Le style de vie luxueux de Julius Malema a attiré l’attention depuis longtemps et ses succès d’homme d’affaires doivent plus à son poste de dirigeant politique qu’à ses connaissances en économie. Les appels d’offres dans la province du Limpopo auraient été truqués et une enquête est ouverte pour expliquer comment il a pu remporter ces marchés. Comment a-t-il pu aussi s’offrir un luxueux appartement dans le quartier chic de Sandton ? etc.. etc..

Pour corser l’affaire, des documents du service des impôts, classés confidentiels, auraient été donnés à la presse par un ancien employé Michael Peega. Cette affaire fait les choux gras de la presse et l’opposition demande des explications.

La question revient souvent de savoir qui a été élu au dernier congrès de Polokwane. Des individus avides de pouvoir, d’honneur et d’argent ou bien une direction collective capable de trouver des réponses aux problèmes du pays que tout le monde connaît : inégalité, pauvreté, chômage, criminalité ?

Le chiffon rouge des nationalisations agité par Julius Malema n’a pas ouvert une discussion franche sur la question, mais a déclenché une bordée d’injures envers ceux qui avaient l’audace de mettre en cause le dogme qui voudrait que les nationalisations profitent toujours au peuple et à la classe ouvrière !

La rhétorique et le vocabulaire « révolutionnaires » servent d’alibi pour masquer le manque de réflexion et d’analyse sur la réalité de la société sud-africaine aujourd’hui et, partant, offrir des solutions crédibles, possibles, réalistes pour soulager les maux dont elle souffre.

Ceux qui attendent des jours meilleurs et commencent à perdre patience se satisfont facilement des discours populistes qui consistent à désigner dans un même élan comme coupables, le capitalisme blanc et les communistes. L’attaque frontale contre les communistes qui ont des responsabilités au sein de l’ANC et au gouvernement est dénoncée au sein de l’Alliance tripartite, comme une stratégie de prise de pouvoir, pour les prochaines élections de 2012. Dans cette bataille, le sort du peuple semble avoir peu de place.

Comme le dit avec justesse un éditorialiste du quotidien Sowetan, Julius Malema et ses amis, qui ont enfourché « le cheval du populisme » et dénoncent avec fracas ceux qui empêchent « l’enfant africain » de partager les richesses du pays, oublient que jusqu’à présent « le seul enfant africain qui bénéficie du système est lié politiquement à l’élite qui gouverne ».

Ces nouveaux riches noirs, tout en parlant au nom de la classe ouvrière et des pauvres, avouent aujourd’hui sans vergogne qu’il n’y a rien de mal à être riche au milieu des pauvres. Ces derniers attendent des dirigeants qu’ils ont élus, non pas qu’ils parlent pour eux, mais qu’ils adoptent des mesures pour améliorer leur vie quotidienne.

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Plus d'informations : cosatu media monitor

Publié le dimanche 28 février 2010


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