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La journée des femmes en Afrique du Sud

Le 9 août est un jour férié en Afrique du Sud pour commémorer le rassemblement de 20 000 femmes devant le siège du gouvernement à Pretoria et le dépôt de milliers de pétitions pour protester contre l’imposition des « pass » aux femmes. Depuis le 9 août 1956, chaque année le pays tout entier rend hommage aux femmes et réfléchit aux avancées et au chemin encore à faire pour une pleine égalité ente hommes et femmes et faire du pays une démocratie non-sexiste comme le proclame sa constitution.

Toutes les organisations féministes et progressistes saluent ce 9 août 1956 comme l’étape la plus importante dans la lutte pour l’émancipation des femmes. Organisée par la Fedsaw, la Fédération des femmes sud-africaines, et la Ligue des femmes de l’ANC, la manifestation avait réuni à Pretoria devant le siège du gouvernement, 20 000 femmes venues de tout le pays. La préparation de cet énorme événement avait nécessité près d’une année. Les organisations des femmes blanches, indiennes, métisses et noires avaient toutes répondu présentes pour protester contre l’imposition des « pass » aux femmes, Le jour venu, les responsables, Lillian Ngoyi, Helen Joseph, Sophie De Bruyn, Amina Cachalia ont déposé les pétitions. Frances Baard décrit la scène ainsi : « Pendant une demi-heure, nous sommes restées là, sous le soleil. Pas un son. Juste l’horloge avec son tic-tac. Et puis Lilian a commencé à chanter et nous avons toutes chanté avec elle. Je n’oublierai jamais ce chant que nous avons chanté. C’était un chant écrit spécialement pour cette occasion par une femme de l’Etat Libre. Les paroles étaient comme ça" Wena Stridjom, wa’thinthabafazi, watint’embokotho, uzokufa !" et ça voulait dire : "Toi, Stridjom, tu as touché aux femmes, tu as déplacé un rocher, tu vas mourir !"

Tout en rappelant l’héroïsme de ces femmes, le 9 août est aussi l’occasion de faire un bilan des avancées pour les droits des femmes depuis 1994 et de mesurer le chemin encore à parcourir. Quelques chiffres permettent d’apprécier le bond en avant des femmes sud-africaines dans le monde politique, la stagnation de la majorité des femmes dans le monde économique et la persistance des attitudes patriarcales dans tous les domaines

Au niveau du gouvernement 40% des postes ministériels sont détenus par des femmes et le Parlement sud-africain compte 41% de femmes. Dans le secteur privé 29% de femmes ont des postes de décision, bien au-dessus des 22% au niveau mondial. Des efforts ont été faits par le gouvernement pour que plus en plus de femmes des zones rurales aient accès à l’eau et à l’électricité et des milliers de logements ont été construits. Le nouveau gouvernement comprend un Ministère des femmes, des enfants et des personnes handicapées qui a pour mission de développer et renforcer les programmes pour l’émancipation et la protection des personnes les plus vulnérables. La Ministre, Noluthando Mayende Sibiya, est une ancienne responsable syndicale, ce qui peut être un atout.

Toutes les organisations insistent aussi sur le chantier qui est loin d’être achevé et sur la détérioration de la situation des femmes dans le contexte de crise. Une femme sur cinq a un vrai travail, Les trois quarts des femmes de moins de 30 ans sont au chômage. ; le nombre de femmes africaines qui ont renoncé à chercher un emploi est de l’ordre de 53% , contre 34% pour les hommes. Quand les femmes obtiennent un emploi, il est souvent mal payé et les possibilités de promotion sont moindres pour les hommes que pour les femmes. Cette attitude discriminatoire est vraie aussi dans les syndicats, par exemple le Cosatu qui compte 40% de femmes parmi ses adhérents ne leur offre que 27% de postes de direction nationale.

Ce sont les femmes qui accomplissent la plupart des tâches ménagères et d ‘éducations des enfants, mais les employeurs n’en tiennent pas compte et rechignent à accorder des congés ou un emploi du temps mieux adapté pour la garde des enfants.

Mais pire que tout, c’est le nombre effrayant de femmes victimes de violences domestiques, de viols et de meurtres qui ternit l’image de la société sud-africaine : une femme meurt toutes les six heures sous les coups de son compagnon ou de son entourage.

La pandémie du VIH/sida affecte plus les femmes que les hommes, pas seulement au niveau des malades infectés par le virus, mais ce sont les femmes qui prennent en charge les malades de la famille, ajoutant encore une tâche supplémentaire et particulièrement douloureuse à des vies déjà bien remplies.

La Présidente de la Ligue des femmes de l’Anc, note dans sa déclaration « la féminisation de la pauvreté, du sous-développement et du chômage ». En période de crise, les femmes sont employées à temps partiel, soumises à des conditions de travail déplorables, les premières â être mises à la porte en cas de licenciements. Des milliers de femmes ont perdu leur emploi dans le textile gravement touché par l’invasion des textiles chinois. Pour survivre, elles ont recours à toutes les sortes possibles de travaux informels.

Toutes les organisations font des recommandations pour que les droits des femmes soient respectés et pour aller vers une société plus juste et plus égalitaire. Mais la formule de Nelson Mandela garde aujourd’hui toute sa pertinence « Il n’y a pas de liberté, si les femmes ne sont pas libérées de toutes les formes d’oppression’.

Plus d'informations : cosatu media monitor

Publié le samedi 8 août 2009


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