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Afrique du Sud : le système de santé est très malade

Les médecins ont refusé la dernière offre du gouvernement et les hôpitaux n’acceptent plus de patients. Le dialogue de sourds qui se poursuit est révélateur de l’ampleur de la crise dans le service de santé publique sud-africain.

Dans au moins cinq provinces, les hôpitaux n’accueillent plus de malades faute de médecins pour les recevoir, dans les autres les services sont au ralenti et peuvent cesser de fonctionner à tout moment.

Les médecins demandent une augmentation de 50%, le gouvernement offre des augmentations entre 18 et 60%. Cette offre est considérée « comme une insulte « par l’Association des jeunes médecins parce que cette augmentation inclut aussi les indemnités de logement, de déplacement etc....

Certains médecins très en colère se disent prêts à se battre jusqu’au bout. Le « bout’ , c’est déjà le licenciement dans plusieurs provinces. Alors qu’il y a un manque cruel de praticiens, on comprend mal pourquoi les autorités du KwazuluNatal par exemple ont licencié 200 médecins et lancent un appel à des médecins étrangers pour remplir les postes devenus vacants.

Cette crise qui couve depuis plusieurs années met en pleine lumière les défaillances des gouvernements précédents qui n’ont pas su réussi à établir un dialogue sain et constructif dans les services de santé, mais aussi avec l’ensemble des personnels de la fonction publique, les enseignants et les policiers en particulier qui menacent aussi de faire grève.

La santé, l’éducation, la lutte contre la criminalité ont toujours été désignées par les gouvernements qui se succèdent depuis 1994 comme des secteurs prioritaires pour lutter contre les inégalités et la pauvreté héritées de l’ancien régime. Le nouveau gouvernement a été élu en faisant les mêmes choix.

Le fait que les médecins n’ont en théorie pas le droit de grève n’enlève rien à la justesse de leurs revendications. Comme le fait remarquer un éditorialiste du Bussiness Day, il n’est pas normal qu’un élu, très souvent sans diplômes et sans qualifications, gagne 4 fois plus qu’un médecin pour remplir sa mission.

La grève n’est pas seulement celle des médecins qui demandent de l’augmentation, mais un révélateur des conditions de travail très pénibles qui règnent dans les hôpitaux. De plus elle met aussi en évidence l’absence de structures de négociations neutres entre l’employeur, ici le gouvernement, et les salariés du service public de santé. Il ne suffit pas de dire que les médecins n’ont pas le droit de grève si personne n’écoute leurs doléances.

Les médecins des hôpitaux publics et les personnels de la fonction publique veulent des réponses rapides et concrètes à des questions qui n’ont jamais reçu de réponses satisfaisantes depuis des années.

La facture sera lourde pour le nouveau gouvernement, mais on ne voit pas comment il pourrait esquiver ses responsabilités envers un service public qui est un atout majeur dans sa poïétique de lutte contre la pauvreté.source Cosatu Media Monitor

Plus d'informations : cosatu media monitor

Publié le mercredi 1er juillet 2009


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SIDA et santé

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