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Jacob Zuma et la justice, fin de chapitre

Le parquet général sud-africain a abandonné les poursuites contre Jacob Zuma, estimant à l’écoute de conversations téléphoniques qu’il y avait eu « abus de pouvoir » de la part du responsable des Scorpions, l’unité d’élite qui avait mené l’enquête. Cela ne veut pas dire que l’affaire est définitivement close.

"Il n’est ni possible ni désirable pour le NPA (services du procureur général) de continuer les poursuites contre M. Zuma", cette phrase met fin au chapitre des poursuites contre Jacob Zuma, à la grande satisfaction des amis et alliés de leur candidat aux prochaines élections. Ils avaient toujours maintenu que cet acharnement contre Jacob Zuma était de nature politique afin de l’écarter du poste de direction de l’ANC et de laisser le champ libre à Thabo Mbeki pour briguer un troisième mandat.

Le Cosatu , comme le Sacp ; les alliés de l’Anc qui ont soutenu la candidature de Jacob Zuma au congrès de Polokwane en décembre 2007 contre celle de Thabo Mbeki voient dans cette décision la preuve flagrante d’une interférence entre pouvoir politique et pouvoir judiciaire. Le Sacp fait remarquer aussi que cette affaire qui dure depuis 1999 a coûté très cher aux contribuables et accuse en termes à peine voilés l’ancien président Thabo Mbeki d’être « number one » ou « the big man » qui a tiré les ficelles de cette affaire bien embrouillée. Cette affaire est aussi « une menace pour tous les Sud-Africains » et la question de la séparation des pouvoirs, inscrite dans la constitution, demande un examen d’urgence pour que les citoyens retrouvent la confiance dans une justice vraiment indépendante.

Pour les partis d’opposition, cette décision est le résultat de pressions politiques. Pour Patricia De Lille , dirigeante du parti des Démocrates indépendants « Le NPA a simplement remplacé sa loyauté envers l’ancien président Thabo Mbeki par une nouvelle loyauté envers Jacob Zuma’ . Helen Zille, dirigeante de l’Alliance démocratique, ne dit pas autre chose en déclarant que deux semaines avant les élections, on veut faire de Jacob Zuma une victime. Pour le Freedom Front Plus, il est aberrant d’avoir dépensé tant d’énergie et tant d’argent pour rien et « d’avoir pris les Sud africains pour des imbéciles ». Pour le parti Inkahta Freedom, la crédibilité et l’image de l’Afrique du Sud sont ternies par toute cette affaire et le Mouvement démocratique uni y voit un coup sérieux porté à la justice, à l’idéal de démocratie et d’égalité de tous devant la loi

Ce malaise est ressenti par beaucoup d’analystes qui voient un recul de l’indépendance de la justice qui entraînera un manque de confiance des citoyens envers ceux qu’ils élisent et qui devraient être les garants d’un système où tous les citoyens sont égaux la loi. Un sondage récent montre que les citoyens ont moins confiance dans les élites politiques et les institutions et qu’ils ont le sentiment qu’il y a « des lois pour les hommes politiques et des lois pour les habitants des bidonvilles ».

Si personne ne met en doute la victoire électorale de l’Anc le 22 avril prochain, beaucoup sont convaincus que le nouveau gouvernement devra convaincre un électorat devenu sceptique que sa préoccupation première est bien celle de l’amélioration des conditions de vie de tous, plutôt que des combines politiciennes pour leurs propres intérêts. Source Business Day

Pour en savoir plus sur l’affaire des ventes d’armes, on peut lire avec intérêt le livre de Paul Holden The Arms Deal in your pocket Jonathan Ball Publishers. Simple et fascinant, ce livre donne des clés pour démêler les fils d’une bien sombre affaire.

Publié le mardi 7 avril 2009


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