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ANC : la rupture de Polokwane

À la lecture des déclarations, des commentaires, des analyses qui abondent dans la presse sud-africaine il apparaît assez clairement que la rupture était consommée en décembre de l’an dernier, à la conférence de Polokwane.

Le Président Zuma dans ANC Today, tout en reconnaissant les difficultés du mouvement affirme que « tout cela a été mis en scène avec soin pour donner l’image d’une crise qui paralyse l’Anc » et que ceux qui n’ont pas été élus aux postes de direction ont l’impression que leur place n’est plus dans ce mouvement. Le Président en exercice maintient que les restructurations étaient nécessaires pour redonner de l’espace au débat interne qui n’avait plus lieu depuis des années.

Il poursuit en se déclarant satisfait de voir que ceux qui agissaient « secrètement en coulisse » se sont dévoilés au grand jour et de poursuivre « nous respectons le droit de chacun de former les partis politiques de leur choix et de démissionner de l’Anc. L’Afrique du Sud est un pays libre et l’adhésion à l’Anc n’est pas obligatoire ». Il a été plus loin au cours de sa visite récente aux USA où il a clairement dit « s’ils veulent partir, qu’ils partent ! »

Jacob Zuma a fait aussi référence à Nelson Mandela pour appeler à l’unité du parti « Madiba nous rappelle l’importance de l’unité dans son message à la Conférence de Kabwe en 1985. Tout au long de son histoire, l’ANC a traversé un grand nombre de tempêtes et en est sorti grandi, en partie à cause des qualités étonnantes de ses adhérents, et en partie parce que chaque adhérent se considère comme le gardien de cette unité. Toutes les discussions, les contributions et les critiques ont toujours étaient équilibrées et constructives, et par-dessus tout, elles ont toujours respecté le principe absolu de garantir le maximum d’unité. Perdre de vue ce principe fondamental, c, est vendre notre acte de naissance, trahir ceux qui payé le prix fort pour que l’Anc s’épanouisse et triomphe ».

D’autres responsables politiques ou syndicaux ont également exprimé leur soulagement de voir « les dissidents » claquer la porte et certains commentaires sont particulièrement virulents. La présidente de la Ligue des femmes de l’Anc n’y va pas par quatre chemins en souhaitant bon débarras « aux chiens », Blade Nzimande, le secrétaire du SACP les accuse d’être des « menteurs ». Les propos tenus par « les dissidents » ne sont pas moins violents, Shilowa, un ancien syndicaliste, déclarant qu’il allait traîner en justice ses anciens camarades syndicalistes jusqu’à ce que le Cosatu « se retrouve à poil » pour avoir dénoncé son train de vie luxueux.

Ces derniers jours des meetings organisés par les dissidents ont été perturbés par des militants de l’Anc, la police a du intervenir à plusieurs reprises et le dernier affrontement à Orange Farm , un bidonville près de Johannesburg a pris une tournure tribale inquiétante au point que les dirigeants de l’Anc demande aux militants ne plus porter de t-shirts avec l’effigie de Jacob Zuma , « le Zoulou boy », mais la guerre des t-shirts n’est pas finie car les partisans de Lekota en portent a son effigie On est bien loin de l’unité réclamée par les uns et les autres.

Entre les invectives, les réunions se succèdent et des décisions importantes sont prises. La Conférence politique, qui a réuni l’Anc, le Sacp et le Cosatu, a pris la décision d’une transformation en profondeur de la façon de gouverner après les élections de 2009, si l’ANC les gagne, ce qui est tout à fait vraisemblable en dépit des remous actuels. Un super cabinet composé du Président de la République, du vice-Président et d’un nombre restreint de ministres pilotera le travail du gouvernement. Cette idée d’un super cabinet avait été formulée, il y a quelques mois par le Sacp et cette structure a été acceptée par l’Anc et le Cosatu. Une commission au plan a aussi été acceptée par l ‘alliance et elle aura pour mission de fixer des objectifs à moyen et long terme avec un pouvoir de décision sur les attributions budgétaires. Cette commission assumera aussi le rôle de secrétariat auprès du conseil de l’état.

La conférence a aussi adopté une résolution détaillée sur la politique industrielle et commerciale du pays. Le responsable de la politique économique de l’Anc, Max Sisulu a déclaré que « aucun pays ne peut réussir son industrialisation sans une politique cohérente ». Cette politique industrielle doit se concentrer sur la création d’emplois et doit être à l’initiative du processus de transformation plutôt que de suivre les décisions des investisseurs.

Cet infléchissement à gauche a fait resurgir la vieille rengaine de l’entrisme du Sacp dans les structures de l’Anc et déjà certains agitent le spectre de la main mise « des communistes » sur le futur gouvernement. Jeff Radebe dans ANCToday rappelle que l’Anc ne demande à personne s’il est communiste ou pas quand il adhère à l ‘ANC, mais qu’il doit accepter la Charte de la Liberté et ses objectifs. Il rappelle aussi que nombre de responsables et secrétaires généraux étaient ou sont des membres du Sacp et du Cosatu et de citer les noms de JB Marks, Duma Nokwe, Moses Kotane et plus récemment Jay Naidoo, Cyril Ramaphosa et l’actuel Président d’Afrique du Sud Kgalema Motlanthe et l’actuel secrétaire de l’Anc Gwede Mantashe.

Qu’un nouveau parti se crée autour des dissidents de l’Anc ou pas, la campagne électorale promet d’être riche de confrontations et de débats pour l’avenir du pays. Source Cosatu Media Monitor

Plus d'informations : cosatu

Publié le samedi 25 octobre 2008


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