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ANC : une nouvelle équipe pour quelle politique ?

Les délégués à la conférence de l’ANC ont choisi Jacob Zuma comme président du parti. Cette nomination, faite après des débats passionnés, marque une nouvelle ère du mouvement historique de Nelson Mandela L’ANC est devenu un parti politique qui devra assumer l’avenir de l’Afrique du Sud.

L’élection de Jacob Zuma doit certainement autant à la lassitude des militants face à un président arrogant, distant et trop sûr de ses statistiques qu’à la volonté de voir des réponses concrètes apportées aux questions lancinantes de la pauvreté, du chômage et de la pandémie du sida.

Cette conférence que beaucoup qualifie de « tournant » dans la vie du plus vieux mouvement de libération du continent africain a mis à nu les divergences entre les alliés de la coalition qui dirige le pays depuis 1994.

La mise en place d’une bourgeoisie urbaine noire, trop vite enrichie a heurté de plein fouet les espoirs d’une population majoritairement rurale et pauvre dont les conditions de vie n’ont pas fondamentalement changées et qui est la base électorale de l’ANC.

La promesse d’une vie meilleure des premières élections libres de 1994 a en partie était tenue avec des constructions de logements, l’accès à l’eau et à l’électricité pour des millions de sud-africains, mais 40 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, les jeunes ont le chômage pour avenir, les femmes sont toujours victimes de violence.

Les militants de base de l’ANC, et ceux de ses alliés, la centrale syndicale COSATU et le SACP ont sanctionné une politique qui n’a pas su répondre aux aspirations populaires. C’est plutôt un bon signe de la vitalité du débat politique. Steve Friedman, un analyste respecté de la vie politique sud-africaine y voit le signe d’une maturité exceptionnelle pour un mouvement de libération, qui parvenu au pouvoir, n’hésite pas, par la voie démocratique à écarter du pouvoir ceux qui n’ont pas rempli leur mandat correctement.

Cependant ce choix démocratique n’est pas sans dangers. D’abord, en dépit des affirmations d’unité, de camaraderie et des accolades aux vainqueurs , le risque de division au sein du parti et de ses alliés n’est pas à écarter d’un revers de mains. Le pouvoir bicéphale, Mbeki à la tête de l’Etat, Zuma à la tête du parti est une nouveauté que les deux chefs vont devoir affronter et gérer.

Les choix économiques du vainqueur restent très flous. Jacob Zuma a tenu des discours apaisant pour le monde des affaires, sans plus et ses discours populistes ont satisfait l’aile gauche de la coalition, syndicalistes et communistes. Mais qu’en sera-il vraiment ?

Jeremy Cronin, secrétaire adjoint du parti communiste a déclaré que les capitalistes, les socialistes, les communistes de la commission de politique économique avaient affiché des positions communes sur les mesures à prendre. La conférence de juin avaient déjà tracé les grandes lignes de la politique économique, la conférence de Polokwane les a confirmées.

La bataille de l’emploi reste la pierre angulaire de toute politique économique réussie ; cette bataille n’a pas été gagnée par l’équipe sortante, rien ne dit qu’elle le sera par la nouvelle équipe. Le mal dont souffre l’économie sud-africaine est le manque dramatique de main d’œuvre qualifiée, or cette qualification dépend d’abord du système éducatif et en dépit des efforts consentis au niveau du budget de l’état, l’éducation sud-africaine reste inégalitaire selon les critères raciaux hérités du système d’apartheid. Dans l’état actuel, le système d’éducation et de formation ne répond pas aux besoins d’une économie en pleine croissance. Le défi est gigantesque et les réponses immédiates inexistantes, à moins d’importer massivement de la main-d’œuvre qualifiée, une initiative à haut risque, si elle est prise.

Tous les délégués, tous les intervenants ont exprimé leur espoir dans une unité revigorée de l’ANC, de la coalition au pouvoir, au besoin d’un travail en commun, d’une participation de tous, pour affirmer une identité sud-africaine qui donne toute sa place aux initiatives et aux talents de tous. Les mois à venir seront les témoins de ces promesses tenues ou trahies.

Plus d'informations : cosatu media monitor

Publié le samedi 22 décembre 2007


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