L’actu par pays

Les dossiers

Les sites Internet

Qui sommes-nous ?

Adhérer à RENAPAS

Bulletin d’infos

Pour nous contacter

Journée des femmes d’Afrique du Sud

La journée des femmes marque l’anniversaire de la marche historique des femmes sud-africaines sur les bâtiments du gouvernement, le 9 août 1956 pour déposer des millions de pétitions demandant l’abolition du « pass » pour les femmes. Le gouvernement, les organisations sont unanimes à saluer le courage de ces femmes. Après 13 ans de démocratie, quel bilan pour les femmes ?

L’Afrique du Sud peut être fière du nombre de femmes élues à tous les échelons de la vie politique , le nombre de femmes ministres est sans équivalent et l’on ne peut pas exclure qu’une femme soit élue à la magistrature suprême. Malheureusement cette belle image vient d’être ternie par le limogeage de la vice ministre de la santé Nozizwe Madlala-Routledge par le président Mbeki.

Ce renvoi la veille de la journée nationale des femmes a provoqué l’émoi et la fureur de tous ceux qui luttent contre la pandémie du sida car les positions de Nozizwe Madlala-Routlege contre les théories négationnistes et les charlatans l’avaient rendu très populaire auprès des malades, des militants et de la communauté scientifique. L’ancien envoyé spécial des Nations unies pour la lutte contre le sida, Stephen Lewis, a déclaré que ce renvoi « était un coup dur ». Une autre raison avancée pour ce limogeage était sa visite à l’hôpital Frere dans la province du Cap oriental, où la mortalité des nouveaux-nés est particulièrement alarmante. Sa position sur cette affaire douloureuse était en complète opposition avec celle de la ministre de la santé qui a essayé de minimiser l’affaire. Sa popularité auprès des organisations qui luttent contre la pandémie du sida lui avait aussi attiré l’inimitié des membres de l’ANC plus proches des postions du président et de la ministre de la santé en matière de lutte contre le sida. La raison avancée pour son renvoi est son voyage sans l’autorisation du président en Espagne pour assister à une conférence internationale sur le sida.

Pourtant tous les chiffres le montrent ce sont les femmes qui sont les grandes victimes de la pandémie. La violence dont les femmes sont victimes accroît encore le risque de contamination par le VIH. L’Afrique du Sud détient le triste record du plus grand nombre de viols au monde. Entre avril 2006 et mars 2007, la police a enregistré 52 000 cas de viols et 9000 agressions sexuelles et ces chiffres sont bien en dessous de la réalité car une femme sur neuf seulement porte plainte pour viol. Seulement 11 % des plaintes auprès de la police mènent à la condamnation des agresseurs ce qui n’est guère encourageant pour les victimes.

Bien que depuis 2002, les victimes aient droit à recevoir des soins et des traitements post-traumatiques et un traitement par les antirétroviraux, de nombreuses victimes surtout dans les zones rurales ne peuvent pas y accéder. La loi en théorie protège les femmes des violences domestiques (loi de 1998) et la loi sur les délits sexuels qui doit être adoptée en 2007 améliore la situation des femmes victimes de violence, mais il reste encore un grand travail d’éducation à faire pour que les victimes exigent spontanément le respect de leurs droits.

Le monde économique n’a pas fait encore la place qu’il devrait accorder aux femmes. 70 % des femmes de moins de 30 ans sont au chômage ; une femme noire sur cinq seulement a un emploi dans le secteur formel alors que les femmes noires ont en moyenne un niveau d’éducation supérieur aux hommes noirs , elles sont cantonnées dans des emplois non qualifiés et mal payés, temporaires ou à temps partiel En dépit des lois sur l’égalité des droits au travail, en 2002 seulement 14% des femmes occupaient des postes de direction et parmi elles seulement 2 % de femmes noires. Ce sont les femmes noires qui sont encore les plus discriminées dans le monde du travail et dans le monde économique

Si les conditions de vie quotidiennes se sont améliorées depuis 1994 grâce à l’accès à l’eau, à l’électricité et la construction de logements, une femme noire sur dix passe encore 5 heures par semaine à la collecte de l’eau et une sur sept passe le même temps à la collecte de bois. Source Cosatu Media Monitor et TAC

Publié le vendredi 10 août 2007


Imprimer cet article


Envoyer cet article

© RENAPAS

Les thèmes de cet article

Afrique du Sud

Femmes

A lire également

Jacob Zuma sera-t-il débarqué par la direction de l’ANC ?

Big boys don’t cry : violence et virilité en Afrique du Sud

Transformation radicale de l’économie pour qui ?

Bon anniversaire Mr Le Président ! Nous sommes dans la rue !

Avorter en Afrique du Sud : un droit, pas une réalité

Beata Lipman, la femme qui a écrit de sa main la Charte de la Liberté

Quand la terre a soif, les femmes trinquent

Quand les femmes marchaient sur Pretoria



© RENAPAS
Pour nous contacter
Conception du site : AB
Site réalisé sous SPIP