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Des emplois qualifiés, la clé du développement en Afrique du Sud

L’Afrique du Sud traverse une crise de croissance inédite et grave. Alors que tout indique que la croissance à un rythme soutenu est possible, le manque de personnel qualifié met cet espoir en danger. La presse se fait l’écho de cette question cruciale pour l’avenir du pays, des analystes et politiciens mettent en cause la politique de la discrimination positive et le gouvernement veut trouver des solutions rapides

Le manque de personnel qualifié est essentiellement dû à l’héritage de l’apartheid quand les lois sur " les emplois réservés " interdisaient aux Noirs l’accès aux emplois qualifiés et les enfants noirs avaient accès à la seule " éducation bantoue ". Les emplois réservés aux noirs étaient des emplois non-qualifiés, dans l’agriculture, les mines, les emplois domestiques et semi-qualifiés dans les autres secteurs d’activité, industriels ou commerciaux.

Dans l’industrie métallurgique, qui manque cruellement de personnel qualifié, en 1981 69 % des emplois été non qualifiés, emplois occupés massivement par les Noirs. Aujourd’hui seulement 30 % sont des emplois non qualifiés et 53 % des emplois semi qualifiés et cette tendance va s’amplifier avec l’introduction de nouvelles technologies.

L’autre aspect du problème est le manque d’enseignants qualifiés pour former des jeunes qui pourront acquérir les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail. L’économiste Azar Jammine est très pessimiste sur la crise de l’éducation. " Nous avons besoin de 21 000 enseignants qualifiés chaque année. Nous en avons 5000 en formation " Plus grave encore le manque d’enseignants en mathématiques et sciences. " ..La moitié des écoles secondaires n’offrent pas d’enseignement de mathématiques dans les classes supérieures. Seulement 15 % des professeurs de mathématiques sont qualifiés et l’université de Wits a produit un seul professeur diplômé en 2005 " Sur 1 700 000 élèves qui ont commencé leurs cursus scolaires en 1995, 500 000 sont arrivés au niveau secondaire,352 000 ont obtenu le baccalauréat et 86 000 sont entrés à l’université

Cette distorsion entre les besoins de l’économie et le manque de personnel qualifié est particulièrement sensible pour les ingénieurs et les professionnels de santé. Pour répondre aux besoins de 284 municipalités, il y a seulement 380 ingénieurs disponibles et leur moyenne d’age est de 53 ans. Dans les hôpitaux publics 46 000 postes sont vacants,pour la seule région du Gauteng, 2355 postes d’infirmières sont vacants. Le nombre d’apprentis ne cesse lui aussi de diminuer ainsi que celui des artisans.

Autre responsable de cette crise : la politique de discrimination positive et la fuite des cerveaux. C’est ce qu’explique Magosuthu Buthelezi, le chef du Inkatha Freedom Party dans sa lettre hebdomadaire. "Une majorité de Blancs ont soutenu le référendum du Parti National appelant à la fin du système d’apartheid. parce qu’ils croyaient qu’ils auraient une place dans la nouvelle Afrique du Sud " Et d’appeler à un vaste forum pour voir comment garder ces blancs qui ont des compétences et encourager ceux qui sont partis à revenir.

La Ministre de l’éducation, Naledi Pandor, lors d’une conférence de presse, a tenu des propos allant dans ce sens en proposant des mesures exceptionnelles pour inciter les Sud Africains qui travaillent à l’étranger à revenir temporairement pour animer des séminaires de recherche, donner des conférences pour les étudiants avancés pour combler le déficit d’encadrement, puis repartir. La fuite des cerveaux dans le domaine de la santé est notoire : de nombreux médecins sont partis, attirés par de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés surtout en Grande-Bretagne, aux USA ou en Australie.

Devant le déficit énorme de main d’œuvre qualifiée et l’incapacité de la former dans l’immédiat, l’Afrique du Sud va devoir l’importer si elle veut atteindre les objectifs de croissance, de lutte contre le chômage et la pauvreté qu’elle s’est donnés pour les prochaines années. Source Cosatu Daily News

Plus d'informations : cosatu

Publié le vendredi 23 février 2007


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