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GEAR ou ASGI : comment réduire l’écart entre pauvres et riches en Afrique du Sud ?

Après le GEAR (Croissance, Emploi, Redistribution), qui n’a pas vraiment réussi à réduire la pauvreté et à créer des emplois, le Président Thabo Mbeki a proposé dans son discours à la nation un nouveau plan ASGI :Initiative accélérée de croissance partagée

La volonté du gouvernement est d’arriver à une croissance de 6 % qu’il estime nécessaire pour l’économie du pays. Toutefois, le Président a indiqué qu’il n s’agissait pas de remplacer le Gear, mais de cibler des secteurs spécifiques où l’intervention de l’État est cruciale. Les infrastructures :routes, électricité et services sont les cibles choisies. Eskom et Transnet, les deux compagnies nationales devraient grâce au financement de projets importants relancer l’activité économique et la création d’emplois.

Les partenaires de l’Alliance tripartite n’ont pas tous été consultés, ni la société civile. Le SACP, par la voix de Jeremy Cronin, son secrétaire général et député de l’ANC, a bien accueilli l’initiative, mais a mis en garde sur le fait que" quand il y a croissance, quelqu’un en bénéficie, mais pas forcément tout le monde...Le plan ASGI exige que le gouvernement travaille avec tous les partenaires, y compris le monde des affaires...Mais nous ne devons pas oublier que pour les pauvres, les infrastructures, cela veut dire une route en zone rurale, des trottoirs où les piétons sont en sécurité, des transports publics de qualité et à des tarifs accessibles à tous".

Le Cosatu, qui a été consulté, soutient le plan en principe, mais insiste pour que ce plan réduise enfin la pauvreté et les inégalités, et n’est pas convaincu que la croissance seule atteigne cet objectif. La vraie question à résoudre reste la répartition des richesses "nous devons nous assurer que les bénéficiaires de la croissance ne sont pas toujours les mêmes suspects".

La société civile, qui n’a pas été consultée, tout en reconnaissant ses carences et son manque d’unité, a répondu en présentant comme chaque année, depuis 2000, avec le Cosatu et le Conseil sud -africain des églises, le Budget du peuple, un contre budget, qui demande une augmentation des impôts pour les plus riches, des taux d’intérêts plus faible, un accroissement du déficit budgétaire et une intervention plus grande de l’État.

Le gouvernement a aussi l’intention de revoir le rôle et le fonctionnement des provinces et des gouvernements locaux qui sont loin d’avoir répondu aux besoins de la population. Reste à savoir si l’équipe d’experts et d’économistes américains et britanniques recrutés sera de bon conseil pour que le plan ASGI donne des résultats concrets. Source Cosatu et Mail and Guardian

Plus d'informations : Cosatu

Publié le lundi 13 février 2006


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