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Pas de monde juste sans émancipation des femmes

En mai dernier, une conférence sur la paix et le développement s’est tenue à Dakar. Nkosazana Dlamini-Zuma, ministre des Affaires étrangères d’Afrique du Sud et membre de la direction de l’ANC a prononcé un discours dont nous donnons des extraits

Après avoir constaté que les femmes sont dans leur grande majorité exclues des centres de décision politique et économique car elles n’ont pas accès à l’éducation, à la technologie ni à la santé en dépit de belles déclarations. Nkosazana Dlamini-Zuma a ensuite utilisé l’exemple des femmes d’Afrique du Sud pour montrer que la volonté des femmes, si elles agissent en nombre, peut déplacer des montagnes.

" Le premier avantage, et probablement le plus important, est notre nombre. Dans les sociétés démocratiques et les institutions, le nombre compte. Si les femmes devenaient actives dans les partis politiques dans leurs propres pays, elles pourraient changer la façon de penser au sein des formations politiques. En Afrique du Sud, les femmes n’ont pas eu le droit d’être membres à part entière de l’ANC à sa création en 1912. Elles ne pouvaient pas voter, ni être élues. Les femmes ont mené une lutte acharnée contre ses positions dans le mouvement de libération et dans la société.

Ce n’est qu’en 1940 que l’ANC a permis aux femmes d’être membres à part entière de l’organisation. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là-là que l’ANC est devenu vraiment un parti démocratique de masse. Les femmes ont participé à la lutte contre l’apartheid, mais en même temps, elles ont continué sans relâche leur lutte au sein même du mouvement.

En tant que femmes, nous avons utilisé l’avantage que nous offrait la période des négociations avant les premières élections démocratiques de 1994 en formant la coalition des femmes qui dépassait les clivages de races, de classes et autres différences artificielles. La coalition avait pour mission de rédiger la charte des femmes, pour influencer le processus de la rédaction de la constitution.

Pendant les élections, nous avons encore utilisé notre nombre comme un avantage au sein de l’ANC pour nous assurer que la liste de l’ANC comporterait un quota de 30% de femmes. Nous savions tous que l’ANC ne pourrait pas remporter les élections, ni aucun autre parti, sans le soutien de la majorité de la population. C’est pour cela que nous avons été capables de passer d’une poignée d’élues au parlement de l’apartheid à plus d’une centaine de femmes au Parlement démocratique. Il faut admettre que cela n’est pas suffisant, mais c’était un pas dans la bonne direction. La parité était devenue l’étoile qui nous guidait.

Quand le premier gouvernement de l’Afrique du Sud libre a été formé, il n’y avait que deux femmes. Les femmes de l’ANC ont protesté auprès de celui qui était alors président, Nelson Mandela, et il a promis d’accroître le nombre de femmes. Fidèle à sa parole, à la fin de son mandat, le nombre de femmes au gouvernement est passé à quatre.

Quand Thabo Mbeki a commencé son mandat, il a nommé huit femmes ministres. Au début de son second mandat, il a nommé 12 femmes ministres sur 28 ministres et 10 secrétaires d’État sur 21. Tout cela parce que les activités des femmes, au sein de l’ANC et dans la société ont fusionné avec le soutien de la direction de l’ANC. Il est vrai qu’il y avait de la résistance dans les autres secteurs de l’ANC.

La représentation des femmes ne s’est seulement pas améliorée au sein du cabinet mais aussi à tous les échelons du gouvernement. Cette situation est très significative dans la mesure où elle donne confiance aux femmes pour montrer qu ‘elles peuvent assumer des responsabilités dans différents champs d’activité. Le bénéfice concret a été que les femmes ont été attentives à ce que toute nouvelle législation prenne en compte les questions de genre et cela a permis de progresser vers une société non-sexiste.

Le premier défi à cette progression a été la résistance dans certaines sections de notre propre mouvement. Le second a été aux femmes de faire la démonstration qu ‘elles étaient capables, travailleuses et pouvaient se concentrer. Avec le temps, notre société s’est habituée à voir des femmes à ces postes de hautes responsabilités, même si les préjugés persistent. Le troisième défi était posé par les femmes elles-mêmes, car certaines étaient opposés aux quotas, au prétexte que c’était un hochet et que ces quotas n’étaient pas accordés selon le mérite. Mais les quotas ont eu le mérite d’attirer l’attention des gens pour trouver des femmes capables au lieu de se focaliser sur des hommes. En d’autres termes ce que les quotas ont dit à notre société c’est " cherchez des femmes qualifiées pour ces postes et vous les trouverez ".

Source ANC Today

Plus d'informations : anc

Publié le samedi 14 mai 2005


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