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FW de Klerk , un homme détat pragmatique

Etre le dernier élu de la minorité blanche, être le président qui annonce la libération de Nelson Mandela, la fin de l’interdiction de tous les partis et mouvements bannis depuis des années, et l’ouverture de négociations avec l’ennemi, n’ont pas fait de FW de Klerk un héros, mais un personnage controversé d’un moment historique de l’Afrique du Sud.

Tous les journaux sud-africains ont consacré des pages au dernier président blanc du régime d’apartheid. Gros titres, articles, opinions, analyses, tout ce qui a été écrit depuis la mort du dernier président blanc montre qu’il fut l’homme de la situation, à un moment décisif de l’histoire de son pays tout en soulevant beaucoup de questions sur ce revirement et ses excuses posthumes

Né, éduqué, vivant dans le sérail du Parti National, membre du Broederbond, la confrérie afrikaner garante du maintien d’un état raciste, arrivé au pouvoir pour prendre la succession de PW Botha, le Vieux Crocodile, malade, FW de Klerk avait juré de maintenir l’ordre et la loi du système d’apartheid. Ce qui avait fait dire à Nelson Mandela qu’il était « à la tête d’un régime illégitime et discrédité d’une minorité…incapable de maintenir une norme éthique ».

Mais l’histoire bouscule souvent les individus et il a bien fallu que ces deux là, le dirigeant reconnu de la majorité de la population sud-africaine, devenu une icône internationale et le dernier représentant d’un régime mis au ban des nations, s’assoient pour négocier. Pour de Klerk, c’était prendre le risque stratégique de reprendre l’initiative, pour Mandela et son équipe, l’aboutissement d’une longue lutte pour redonner sa dignité à la population humiliée par des siècles d’asservissement. Ces négociations furent longues : quatre ans, et difficiles, parfois au bord de la rupture et du désastre d’une guerre civile.

Ces quatre années de négociation offrent un double aspect, d’un côté des gens qui discutent , qui avancent leurs pions pour garder ou prendre le pouvoir, de l’autre une succession de massacres dans les townships et au KwazuluNatal, qui ont plus d’une fois mis le pays au bord du gouffre. L’assassinat de Chris Hani, dirigeant de l’Anc et secrétaire du parti communiste en avril 1993 a été l’ultime sauvagerie de cette escalade. Après ce crime il fallait franchir le pas et envisager des élections libres pour en finir avec cette situation. De Klerk a compris qu’à jouer avec le feu du double langage il avait tout à perdre et pour Nelson Mandela, il fallait conclure les négociations pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’Afrique du Sud.

Mais ni De Klerk, ni Mandela n’ont mis fin à l’apartheid contrairement à ce que les médias occidentaux ont colporté, fake news avant l’heure. Comme le rappelle Jay Naidoo, ancien secrétaire général du Cosatu et ancien ministre sous la mandature de Nelson Mandela, « le changement est arrivé quand des millions de Sud-Africains se sont levés pour rendre le régime d’apartheid illégitime. Le peuple alors n’a plus eu peur de l’oppresseur et l’état d’apartheid a perdu son pouvoir et sa légitimité ». Jay Naidoo dans un article qui remet les pendules à l’heure montre comment le mouvement de masse du peuple sud-africain, soutenu par la solidarité internationale a réussi à mettre à genoux moralement, économiquement et militairement un régime qui se voulait rempart contre le communisme, soutenu par l’ensemble des puissances occidentales dans le contexte de la guerre froide. https://dev.dailymaverick.co.za/opi...

Fut-il comme l’écrit un éditorialiste « un très petit homme qui n’a jamais trouvé le courage ou l’intégrité de confronter honnêtement sa place dans cette histoire. » ? Le constat est sévère Le discours du 2 février 1990 a certainement fait entrer FW de Klerk dans l’histoire, mais ses excuses posthumes ont choqué beaucoup de ses concitoyens qui ont vu là un acte de rédemption tardif et lâche.

Plus d'informations : www.dailymaverick.co.za

Publié le mardi 23 novembre 2021


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