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Le Roi Lion est mort

Elevé en captivité, finir en pâté dans une boite de conserve, avoir les os broyés pour faire de la poudre de perlimpinpin pour les Chinois, la vie d’un lion sud-africain n’est plus ce qu’elle était. Longtemps proie convoitée de tous les Tartarins du monde, le roi des animaux est tombé dans les filets du mercantilisme pour qui le profit est roi.

Il y a environ 8000 lions qui vivent en captivité et 3000 lions sauvages en Afrique du Sud. La vie en captivité de ces lions est dénoncée depuis longtemps par la NSPCA, l’équivalent de notre SPA. Les bébés lions qui posent avec les touristes, enchantés de tenir cette peluche vivante dans les bras, ne pourront plus jamais vivre à l’état sauvage. Ces bébés ne sont pas élevés par leur mères qui, elles seules peuvent leur apprendre à vivre dans la savane, ils finiront donc en boîte ou leurs os seront broyés pour être vendus sur le marché asiatique.

Le quota d’exportation de vente de squelette de lion est passé en 2018 de 800 à 1500 , ce qui peut laisser craindre une augmentation du braconnage des lions sauvages. Or comme le fait remarquer une responsable de la NSPCA « nous devons nous occuper de nos lions pour tout ce qu’ils représentent pour l’Afrique, car l’affreuse vérité, c’est qu’une fois qu’ils ne sont plus là, ils sont partis pour toujours ». Exit les lions aux superbes crinières sur les billets de banque, exit les lions non moins magnifiques et dont la réputation n’est plus à faire dans l’industrie du cinéma. Colombus, un lion de 17 ans a fait récemment parlé de lui en faisant une petite escapade dans les rues d’un quartier de Johannesburg, entre deux prises de vue.

La vie d’un lion captif n’est protégée par aucune loi et comme la demande est abondante pour la poudre d’os, revendue d’ailleurs pour de la poudre de tigre, le lion n’a pas besoin d’être bien nourri ou bien traité. Seuls ses os broyés ont une valeur marchande.

Une commission parlementaire s’est emparée du sujet en exprimant son dégoût pour ces pratiques cruelles, mais le ministère de l’environnement n’ a pas de ces faiblesses du cœur, et a donné licence à 88 fermes d’élevages de lion en captivité. Un nouveau panel d’experts devrait être nommé pour réexaminer les politiques, les pratiques et la législation en vigueur concernant le commerce des éléphants, des lions, des léopards et des rhinocéros. Qui seront les experts ? Des personnes engagées à souscrire aux objectifs de la conservation des espèces et de leur utilisation « soutenable ».

Pour les lions, à qui personne n’a rien demandé, la question est vitale : de tous ces experts qui l’emportera entre ceux qui penchent pour une attitude « aggregative » et ceux qui penchent pour une attitude « integrative » ?

Pour les premiers, les lions et autres animaux sont là pour le bon plaisir des hommes qui peuvent les chasser et les utiliser comme bon leur semble. Pour les autres, l’animal est un individu à respecter, qui fait partie de notre environnement et envers lequel on doit faire preuve de compassion. Dans son ouvrage Death and Compassion , Dan Wylie fait remarquer que la chasse pratiquée avant la colonisation, si elle n’avait rien de délicat, n’avait pas la cruauté meurtrière de la chasse aux trophées des colonisateurs qui voulaient démontrer la force et l’efficacité de « la civilisation ».

L’héritage d’une vision ancienne et coloniale du rapport aux grands animaux de la savane sud-africaine continue à peser sur leur vie, leur usage, leur intégration ou non dans une vision globale des relations humaines avec l’environnement. Un proverbe africain ne dit-il pas que l’histoire de la chasse serait bien différente si les lions savaient écrire ?

Publié le mercredi 3 avril 2019


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