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Pasteur Evan Mawarire

par Anne Dissez

Sa silhouette est devenue célèbre dans une partie de la planète, le cou entouré d’un drapeau du Zimbabwe, le site du #The Flag renvoie à l’envi vidéos et interventions du Pasteur Evan Mawarire, qui représente aujourd’hui l’espoir de nombreux Zimbabwéens de tourner le dos à Robert Mugabe.

Le feu couvait depuis longtemps sous les braises de la décomposition du régime de Robert Mugabe. Décomposition politique depuis l’échec de l’opposition dans la décennie 1995-2005 face au maintien envers et contre tout du président battu électoralement. Décomposition économique et la longue descente aux enfers d’un régime incapable d’assurer la solde de ses fonctionnaires et plus récemment, celle des militaires. Avec tous les dangers que cela comporte.

L’émergence sur la scène politique du Pasteur Evan Mawarire, « Pastor » s’est accomplie le 6 juillet, lorsqu’il appelle à une journée de grève générale « Stay Away » bravant tous les dangers de la répression. Si la journée ne fut pas un succès, ne rassemblant que quelques 2 000 personnes, bien moins que les manifestations de soutien à Robert Mugabe, son impact et surtout la verve et l’enthousiasme du Pastor ont fait le reste. Pour avoir franchi cette ligne jaune, de nombreux opposants dans le passé, notamment les militants du MDC (Mouvement for Democratic Change) de Morgan Tzvangirai, avaient connus les affres de l’emprisonnement voire de la torture. La fragilité du régime et le soutien immédiat dont a bénéficié Evan Mawarire l’ont épargné.

Arrêté le mercredi 13 juillet, sa libération, le lendemain, donne lieu à des explosions de joie. Pas moins de 200 avocats s’étaient présenté devant la Cour pour sa défense, plus que ne pouvait en contenir la salle d’audience. A l’extérieur, des milliers de citoyens étaient venus l’acclamer dès sa sortie, sans la menace d’une intervention policière.

Le drapeau et la Bible. Signe des temps, on est loin des emblèmes de son prédécesseur dans l’opposition, Morgan Tzvangirai, ancien syndicaliste qui a payé de son échec son engagement dans le reversement de Robert Mugabe au scrutin jugé frauduleux de 2005. Comme si aujourd’hui le mélange du symbole patriotique et religieux l’emportait sur celui des travailleurs, pour le vieux président retors comme pour les si nombreux supporters du Pastor. Le site web qu’il a créé en avril dernier, #The Flag (ce drapeau) rends compte de toutes les interventions, de tous les déplacements du Pastor et renvoient les images des jeunes enveloppés de drapeaux. Comme pour un défilé de mode. La classe politique zimbabwéenne ne semble pas encore au bord de la crise de nerf, certaines personnalités se payent le luxe de l’ironie, d’autres, dans l’opposition, flattent raisonnablement et sans enthousiasme l’action du Pastor.

Le fait qu’Evan Mawarire ne prononce jamais dans ses discours le nom de Robert Mugabe et que, selon certaines sources sur les réseaux sociaux, il rencontrerait secrètement des dignitaires du régime semble rassurer. Quand à l’ANC de Jacob Zuma elle dénonce, par la voix de son secrétaire général Gwede Mantashe, la « sponsorisation » de l’opposition à Robert Mugabe. En revanche, les media sud africains partagent l’enthousiasme de la jeunesse zimbabwéenne et s’inquiètent, parallèlement, des conséquences en Afrique du sud d’une détérioration rapide de la situation dans le pays voisin.

Publié le mercredi 20 juillet 2016


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