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L’économie sud-africaine va mal

En inaugurant une unité de la centrale à charbon de Medupi, le Président Zuma a eu un discours net et franc « Ne devrions nous pas nous rassembler et reconnaître que notre économie va mal ? …On ne peut pas dire tout va bien quand notre économie est malade ».

Les faits sont là et lui donnent raison : chômage massif, croissance en berne, industrie minière en déroute, crise de la sidérurgie, chute du rand. Une reprise en main sérieuse est plus que jamais à l’ordre du jour pour que l’économie du géant africain retrouve son tonus.

L’Afrique du Sud dont 7% du Pib provient de l’extraction minière n’a pas échappée à la chute de la demande mondiale de matières premières et à l’effondrement des cours de l’or, du platine, du charbon, du minerai de fer, etc. Les mines sud-africaines doivent aussi faire face à des revendications syndicales concernant les salaires et les conditions de travail et au manque d’investissement pour rénover des infrastructures vieillissantes.

Pris dans cet étau et pour maintenir leurs profits, les compagnies ne voient que la solution des licenciements, solution à haut risque dans un pays dont le taux de chômage est officiellement de 25%, mais près des 36% quand on prend en compte tous ceux qui pourraient travailler, jeunes et femmes qui n’ont jamais réussi à obtenir un emploi. Glencore, Kumba Iron Ore, Sibanye Gold, Lonmin, Anglo American Platinum and Impala Platinum, ont toutes des plans de licenciements prêts, mais sont sous la pression des syndicats et du gouvernement pour les activer.

Dès le début du mois d’août, le Ministre des mines, Ngoako Ramatlhodi a mis en place un groupe de travail réunissant patronat, syndicats, et gouvernement qui avait pour mission de préparer une politique alternative de maintien des emplois. Un plan en dix points a été adopté au début du mois de septembre pour le maintien de l’emploi et des aides à la reconversion des mineurs licenciés.

Mais ce plan pour beaucoup d’analystes vient trop tard et pour Amcu, le syndicat qui ne l’a pas signé et qui s’est forgé dans la lutte meurtrière des grèves dans les mines de platine, le seul plan valable devrait interdire les licenciements dans les mines. Ce plan peut ralentir le train des licenciements, mais il est impuissant à le mettre à l’arrêt, car cela fait plus de dix ans que les wagons de licenciés s’ajoutent les uns aux autres. La Chambre des Mines est plus que pessimiste et pour elle « il n’y aucun doute qu’il y aura des licenciements, il s’agit de savoir combien ». En fait 12 000 licenciements au moins pourraient intervenir dans les semaines à venir. Lonmin en prévoit 6000 dans les seules mines de platine.

La situation de l’industrie sidérurgique n’est guère plus brillante et la fermeture de nombreux sites est à l’ordre du jour. Plus d’une vingtaine d’entreprises ont commencé à licencier et les autres travaillent au ralenti. De l’aveu même des syndicats le sauvetage d’une industrie qui compte près de huit millions de salariés semble être une cause perdue. Pourtant le Ministre de l’industrie vient d’introduire une taxe de 10% sur les produits importés pour sauver ce qui peut encore être sauvé. Les importations d’acier chinois à prix cassés sont une menace directe à une industrie essentielle à l’économie sud-africaine.

Dans son discours le Président Zuma a imploré le monde des affaires de prendre ses responsabilités et de ne pas « faire des affaires comme d’habitude, mais de faire des affaires en temps de crise » et d’exhorter les patrons à ne pas licencier pour maintenir leurs profits. Un souhait respectable, surtout à quelques mois des élections locales.

Pour le Président le rôle du gouvernement est de gouverner le pays, celui du patronat de faire tourner l’économie, mais quand les entreprises ferment et licencient, l’état est bien obligé d’intervenir pour venir en aide aux chômeurs « quand l’économie ne tourne pas, quand les travailleurs n’ont plus d’emplois, cela devient un fardeau pour le gouvernement ». Une formulation simple pour dire que l’économie de marché n’est pas la panacée, ni le miracle si souvent annoncé et que les électeurs seront tentés de faire payer cher les promesses non tenues.

Publié le dimanche 6 septembre 2015


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