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Rapport Nklanda : le bien public avant le confort dans la sécurité

La médiatrice a livré les conclusions de son rapport au public : le Président Zuma devra rembourser une partie de l’argent public utilisé pour améliorer sa résidence de Nklanda. Inflexible devant les pressions, Thuli Madonsela, met le droit constitutionnel au service des citoyens et se révèle la garante des institutions.

A deux mois des prochaines élections, le rapport de 443 pages de la médiatrice, s’il n’empêche pas l’Anc de remporter la majorité, laissera une trace profonde dans l’opinion publique sud-africaine parce qu’il jette le discrédit non pas sur un homme, mais sur le parti au gouvernement.

Thuli Madonsela et son équipe qui travaillent à ce rapport depuis deux ans, et dont la publication était prévu il y a un an déjà, ont posé douze questions auxquelles ils ont répondu positivement Oui, la dépense a été excessive. Oui, le Président et sa famille ont bénéficié de l’argent de l’Etat. Oui, il a y eu mauvaise administration du projet à tous les niveaux du gouvernement et de l’administration.

Ce que le rapport met en cause, ce n’est pas tant un homme, Jacob Zuma, mais un système qui a plus à voir avec le fonctionnement d’une cour ou d’un clan autour de celui qui détient le pouvoir. Aucun ministre ou haut fonctionnaire n’a mis en garde le Président sur le coût excessif du projet et sur l’extravagance de certaines de ses demandes.

L’architecte en charge du projet a eu cette réponse pitoyable quand on lui a demandé l’utilité d’un enclos à bétail et d’un poulailler “c’est comme cela que l’on fait en Angleterre”. Minenhle Makhanya, l’architecte personnel de Jacob Zuma qui a été nommé par le gouvernement pour être le coordinateur du projet , est l’un des responsables de l’augmentation vertigineuse de la rénovation de la résidence de Nklanda. Le coût initial qui était de 28 millions de rands est passé à 224 millions de rands !

La mise en cause du Président qui a violé le code de déontologie de sa fonction qui est de protéger les ressources de l’état est grave, mais la mise en cause du gouvernement est plus grave encore car le scandale de Nklanda ruine la confiance populaire dans ses élites politiques. La médiatrice met en garde : si rien n’est fait pour remédier à la mauvaise administration, aux prébendes accordées aux uns et aux autres, à l’utilisation des fonds publics à des fins personnelles, si les élites politiques courbent l’échine devant un président corrompu, il pourrait y avoir d’autres scandales comparables à celui de Nklanda.

Ce rapport est pain bénit pour l’opposition qui va demander la destitution du président, mais cette demande a peu de chance d’aboutir, l’Anc ayant la majorité absolue au Parlement. Toutefois les dégâts de ce rapport sur les électeurs est difficile à évaluer, tout va dépendre de la façon dont l’Anc va gérer cette affaire. La marge de manoeuvre est étroite entre crier au complot et admettre les faits.

Publié le jeudi 20 mars 2014


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