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Retenue sur salaire et autre astuce pour affamer les pauvres

Quand on est pauvre et illettré, le recours au crédit est le plus court chemin pour plonger un peu plus dans la pauvreté. Le système de la retenue sur salaire laisse un grand nombre de familles sans un sou pour vivre dès le début du mois. Les mineurs sont les grandes victimes de ces requins du prêt, un système qui est un baril de poudre pour la société sud-africaine.

Selon l’institution chargée de réguler les crédits à la consommation, le nombre de consommateurs endettés atteignait 20,8 millions de personnes, quand on sait que seulement 13,6 millions de Sud- Africains ont un emploi, on voit vite qu’il y a quelque chose qui ne va pas.

La tragédie de Marikana à été un révélateur de l’enfer que vivent les familles pauvres surendettées. Pour joindre les deux bouts et faire vivre sa famille, le mineur va voir un mashonisa, un préteur qui ne refuse jamais de lui prêter de l’argent, mais qui commence par garder sa carte d’identité, sa carte de crédit s’il en a une et finit par obtenir 150 rands de remboursement pour un prêt de 100 rands.

Les officines de crédit plus sophistiquées ont recours au système de la retenue sur salaire pour être sûr de ne rien perdre. Une de ces officines qui travaille avec la compagnie minière Lonmin a accusé Atlas Finance et Syndicated Debt Collectors, chargés de collecter les remboursements de dettes d’avoir volé les consommateurs en prélevant des commissions exorbitantes et même de faire de fausses reconnaissances de dettes.

Le travail migrant qui au cœur du système minier est un facteur qui accentue le surendettement des familles. La seule réforme qui a été faite dans ce système vieux comme l’exploitation minière a consisté à fermer les « hostels » ou dortoirs pour mineurs, de leur accorder une allocation logement d’environ 1800 rands par mois et de leur permettre de vivre en famille. Mais comme il n’y a pas de logement construit au voisinage de la mine, les familles s’entassent dans des bidonvilles sans eau, sanitaire ou autres services de base.

Avec ce nouveau système, les mineurs ont souvent deux familles, l’une restant au village où ils ont été recrutés, l’autre sur place. Le salaire d’un mineur ne permet pas de faire vivre deux familles d’où le recours au prêteur qui a pignon sur rue. Quand rien ne va plus, les mineurs ont recours à la grève pour obtenir des augmentations de salaires et parfois les grèves tournent à la tragédie comme à Marikana où la police a tiré et tué 34 mineurs.

Mais les prêteurs ne se contentent pas de prêter aux familles des mineurs en activité, ils ne lâchent jamais les eaux troubles du monde de la mine et poursuivent aussi les mineurs licenciés pour cause de maladies, la plupart du temps la silicose et diverses maladies respiratoires, qui sont retournés vivre dans leur villages.

Ces mineurs ont droit à des indemnités, mais la complexité administrative rebutent les bénéficiaires qui ont recours à des intermédiaires qui leur font miroiter un traitement rapide de leurs dossiers moyennant une large ristourne sur la somme due, ristourne qui peut parfois atteindre jusqu’à la moitié de la somme touchée par le mineur.

Le Teba, bureau de recrutement des mineurs crée en 1902 est parfaitement au courant de la combine, car entre 45 000 et 200 000 anciens mineurs peuvent prétendre à ces indemnités.

Les fonds d’indemnisation prétendent qu’ils ne peuvent pas retrouver la trace de ces mineurs malades qui viennent des provinces du Cap Est , de l’Etat libre ou du Mozambique, du Botswana ou du Lesotho. Teba, qui est un organisme privé, a le fichier de ces mineurs, mais pas le Ministère de la santé. Comme le mineur doit passer des examens médicaux dans des centres habilités, mais éloignés de chez lui, beaucoup abandonnent la procédure qui peut durer de trois à cinq ans. Et pour ceux qui ont franchi ces étapes et attendent le paiement, les « requins » entrent en action en faisant valoir leurs relations au sein du labyrinthe administratif.

Les compagnies minières et la Chambre des Mines sont bien au courant de la situation et affirment tout faire pour trouver des solutions pour payer ces compensations financières pour la santé perdue de leurs mineurs. Le gouvernement a aussi promis d’intervenir, en attendant les « requins » se gavent et s’enrichissent sur le dos des pauvres.

Plus d'informations : cosatu Media Monitor

Publié le lundi 25 novembre 2013


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