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Cliquetis d’armes au Mozambique

La reprise de la guerre civile entre le Frelimo au pouvoir et l’opposition rebelle de la Renamo est-elle une hypothèse crédible ? De l’avis de nombreux analystes, l’hypothèse est douteuse car « les combattants sont vieux et leurs fusils aussi », ce qui n’empêche pas de chercher à comprendre pourquoi la Renamo veut mettre à un terme à l’accord de paix qui date de 1992.

La guerre civile a ravagé le Mozambique de 1975 à 1992, opposant le Frelimo, (le Front de libération du Mozambique), d’obédience marxiste, aux forces de la Renamo ( Resistance nationale mozambicaine), anticommunistes soutenues, payées et armées par le gouvernement de la Rhodésie blanche de Ian Smith et le régime d’apartheid. Cette guerre qui a fait plus d’un million de morts et ravagé le pays était une guerre typique de l’affrontement Est-Ouest sur le continent africain. Cette guerre, comme celle qui a ravagé l’Angola, faisait partie des « conflits de faible intensité » de la guerre froide. En 1992, le spectre du communisme ne menaçait plus le continent et le régime d’apartheid avait entamé les négociations avec l’Anc et ses alliés.

La Renamo était mal préparé à affronter une bataille politique et aux premières élections démocratiques du pays, elle a largement été devancée par le Frelimo, qui depuis à consolider son autorité sur le pays et détient la majorité des deux-tiers au Parlement. La Renamo, bien que représentant l’opposition n’a jamais réussie à s’imposer comme une véritable force politique.

Sous la direction de son chef, Dhlakama, elle a préféré retrouver la brousse pour y établir son quartier général dans la région de Gorongosa avec d’anciens rebelles et faire le coup de feu contre des installations gouvernementales. Ces attaques et embuscades ont été suffisamment nombreuses pour déstabiliser toute une partie du Mozambique avec des victimes civiles. La dernière en date a été une attaque au lever du jour d’un poste de police dans la ville de Maringue. L’armée gouvernementale a répliqué en prenant le quartier général de la Renamo, forçant son leader à fuir dans la forêt.

Est-ce pour autant que « la paix est finie dans le pays » comme l’affirme le porte parole de la Renamo ? ». Cette stratégie du recours aux armes est pour l’experte Azvedo-Harman “ une stratégie désespérée pour le parti et son leader de rester un parti qui compte encore ». L’annonce unilatérale de la Renamo intervient à un mois des élections municipales que le parti va boycotter et vise à déstabiliser le pays. Mais pourquoi ?

Des gisements considérables de charbon et de gaz off shore viennent d’être découverts et les investisseurs étrangers soutiennent les efforts du gouvernement qui ont fait du Mozambique un des pays les plus promoteurs d ‘Afrique australe. En faisant entendre le cliquetis des armes, la Renamo, faute de pouvoir profiter de cette nouvelle manne, veut effrayer les investisseurs étrangers.

Les Etats-Unis ont fait savoir « qu’ils déplorent la reprise de la violence et demandent instamment aux deux parties de prendre des mesures pour calmer la tension ». La Renamo a fait savoir qu’elle « réaffirme qu’elle ne veut pas un retour de la guerre » et le Président du Mozambique se dit prêt au dialogue. Si tout le monde veut la paix, pourquoi fourbir les armes ?

Jacqueline Dérens

Publié le mercredi 23 octobre 2013


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