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La Présidente Joyce Banda bouscule l’Union africaine

Joyce Banda à la tête du Malawi depuis deux mois n’a pas l’intention de somnoler dans son fauteuil de présidente. Après avoir pris plusieurs mesures à contre pied des habitudes de ses prédécesseurs, elle fait parler d’elle au plan international en décidant d’appliquer les décisions de la Cour pénale internationale à l’encontre du Président soudanais Omar al-Bashir.

Joyce Banda n’est pas une novice en politique, elle vient du sérail et en connaît toutes les turpitudes. Après avoir fait valoir ses droits constitutionnels pour accéder à la présidence, elle entend regagner la confiance des bailleurs de fonds en montrant l’exemple de la sobriété dans un pays très pauvre.

Pour rompre avec les fastes et dépenses somptuaires trop connues des chefs d’état d’Afrique et d’ailleurs, elle a mis son équipe « en classe économique ». Elle a vendu l’avion présidentiel et s’est rendu au jubilé d’Elizabeth II dans un avion de ligne, elle s’est séparé de la flotte des luxueuses limousines présidentielles et elle a exigé de ses ministres de se contenter de voitures ordinaires et de lieux de résidence sobres. Adieu le bling bling, bonjour la modestie. Des commentateurs malicieux ont fait la comparaison avec le nouveau président français qui préfère le train à la voiture et son appartement aux ors du palais de l’Elysée…

Cette modestie est payante car la Présidente Banda a regagné la confiance des principaux bailleurs de fonds : Grande-Bretagne, Etats-Unis, Allemagne, Norvège , la Banque mondiale et la Banque africaine de développement qui avaient annulé leurs aides au Malawi , agacés par les décisions autoritaires de son prédécesseur. Elle devrait aussi mettre fin aux lois qui interdisent l’homosexualité dans son pays.

Mais son coup d’éclat est d’avoir déclaré à ses collègues de l’Union africaine qu’elle était prête à accueillir la prochaine réunion de l’organisation, mais qu’elle ferait arrêter le Président Omar al-Bashir à sa descente d’avion. La présidente a expliqué que le Malawi avait signé le Traité de la Cour pénale international et qu’en conséquence, les décisions de cette juridiction serait appliquées sur le sol du Malawi. D’autres pays africains ont aussi signé ce traité, mais ils se gardent bien de l’appliquer quand il s’agit de protéger leurs pairs qu’ils soient dictateurs, escrocs ou tueurs reconnus.

Pour l’Union africaine il n’y avait plus comme solution que de rapatrier sa réunion au sommet dans son quartier général d’Addis-Abeba en Ethiopie puisqu’il existe aussi un traité international qui accorde l’immunité aux chefs d’états. Omar al-Bashir pourra aller et venir à sa guise en compagnie de Robert Mugabe, du roi Mswati III et autres grands du continent africain qui se moquent comme d’une guigne des lois et du sort de leurs concitoyens.

La réputation de l’Union africaine qui n’est déjà pas très bonne et elle ne va pas s”améliorer avec ce repliement sur Addis-Abeba, mais elle doit aussi prendre en compte que seulement 33 de ses pays menbres sur 54 sont signataires du traité de la CPI et que son agenda est particulièrement chargé avec entre autre la délicate question du choix de son nouveau directoire.

La candidature de l’Afrique du Sud à la tête de l’Union africaine est loin de susciter l’enthousiasme. En plus de l’habituel affrontement entre pays francophones et pays anglophones, beaucoup voient dans cette candidature la volonté hégémonique du géant économique africain. Le lobbying intensif, payé en grande partie par l’Angola pour soutenir la candidature sud-africaine irrite les pays francophones.

Ce sommet de l’Union africaine du mois de juillet ne sera décidément pas comme les autres.

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Publié le lundi 11 juin 2012


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