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Une femme forte à la tête du Malawi

En moins d’une semaine au pouvoir, la nouvelle présidente du Malawi, Joyce Benda a renvoyé le chef de la police, le ministre de l’information et ouvert une enquête sur la mort suspecte en 2011 d’un opposant à son prédécesseur. Femme énergique, militante pour les droits des femmes, Madame Banda n’a pas fini de surprendre le Malawi endormi dans ses convictions patriarcales.

Elle n’avait pas hésité à s’opposer au Président Mutharika et critiquer ses dérives autoritaires alors qu’elle était vice-présidente. Expulsée du parti présidentiel, Democratic Progressive Party (DPP), elle avait fondé son propre parti tout en restant vice présidente.

Elle avait refusé de se voir évincée par le propre frère du président au prétexte que la pays n’était « pas prêt » à voir une femme à la tête de l’Etat en cas de disparition du président en exercice, et elle avait vertement répliqué à la Première dame du pays qui l’avait comparée à une vendeuse de beignets « oui , je suis une vendeuse de beignets et fière de l’être parce que la majorité des femmes au Malawi sont comme moi, des vendeuses de beignets ! »

En 1989, elle avait fondé l’Association des femmes chefs d’entreprises pour aider les femmes a sortir de la pauvreté et acquérir leur autonomie financière. « Les femmes ne vont pas à l’école parce que leurs parents préfèrent y envoyer leurs frères, les femmes ne peuvent pas faire un prêt en leur nom parce que les banques veulent l’approbation d’un homme de la famille, les femmes ne peuvent pas prendre de décisions à la maison parce qu’elle n’apporte pas d’argent à la maison » avait-elle déclarée à l’agence Associated Press au mois de février dernier. Pour avoir vu de près la pauvreté des femmes dans les zones rurales, elle avait mesuré l’impact dévastateur et déshumanisant de la pauvreté.

Elle sait aussi ce qu’un mariage contre la volonté de l‘épouse peut créer de violences au sein d’un couple. « On apprend aux femmes africaines a supporté un mariage forcé parce qu’on leur dit qu’accepter ce mariage feront d’elles de bonnes épouses, mais les femmes acceptent d’être maltraitées parce qu’elles ne peuvent pas faire autrement faute de ressources financières, elles dépendent complètement de leurs maris ». Au début de l’année, elle avait participé à une manifestation pour protester contre les attaques dont sont victimes les femmes qui osent porte des minijupes et accusées de mœurs dépravés.

Madame Banda arrive au pouvoir alors que son pays traverse une crise grave. Son prédécesseur avait réussi à irriter les bailleurs internationaux, FMI et Banque mondiale et l’ancien colonisateur la Grande Bretagne, au point qu’ils avaient suspendu toute nouvelle aide au pays. Elle va devoir plaider la cause de son pays pour rétablir les relations et obtenir les aides indispensables dont ce pays pauvre et essentiellement rural a besoin.

Avec sa collègue Ellen Johnson–Sirleaf, présidente du Libéria, l’Afrique a choisi de mettre des femmes fortes et déterminées à la tête de deux états africains. Ces militantes pour les droits des femmes savent ce que veut dire être femme dans une société patriarcale ; leurs discours ne seront pas seulement politiques, mais le reflet de la vraie vie de la grande majorité des femmes africaines.

source Business Day

Publié le lundi 16 avril 2012


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