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Disparition de Dirk Coetzee, le tueur repenti de l’apartheid

Depuis qu’en 1989 il avait, dans un revirement spectaculaire, fait des révélations sur les crimes commis au nom de l’apartheid, sa vie ne valait pas cher et pourtant, Dirk Coetze, le tueur repenti est mort dans un lit d’hôpital le mercredi 6 mars 2013, des suites d’un cancer.

L’hebdomadaire Vrye Blad en 1989 avait publié les révélations de celui qui avait mis sur pied des escadrons de la mort dont le travail était de traquer et d’éliminer les opposants au régime d’apartheid. Le quartier général qu’il dirigeait avait été établi à quelques kilomètres à l’ouest de Pretoria dans le ferme de Vlakplaas.

Vlakplaas et d’autres unités de la police opéraient en étroite liaison avec le Civil Cooperation Bureau mis en place par l’armée sud-africaine, un paravent pour cacher des opérations de services de renseignements sur les activités des militants anti-apartheid dans le pays et à l’étranger. Ces activités secrètes avaient pour but d’éliminer physiquement les opposants au régime. D Coetzee était impliqué dans ces atrocités dont les meurtres de Sizwe Khondile, un étudiant et Griffiths Mxenge, un avocat en 1981.

Vlakplaas utilisait pour accomplir les sinistres besognes les Askaris, d’anciens militants de l’Anc qui avaient trahi leur anciens camarades et qui pouvaient grâce à leurs connaissances des lieux et des personnes traquer, enlever, assassiner les opposants au régime. Ils opéraient dans les pays frontaliers, Swaziland, Mozambique, Zimbabwe, Botswana qui servaient de base de repli à l’aile armée de l’Anc et aux militants.

Dans son livre Into the Heart of Darkness – Confessions of Apartheid’s Assassins, le journaliste d’investigation, Jacques Paaw raconte comment les escadrons de la mort faisaient disparaître les corps des militants sur des brasiers de bois et de pneus et festoyaient à côté en attendant que les corps soient réduits en cendres. Ce qui fera dire à une mère de victime horrifiée au cours d’une séance de la Commission Vérité et Réconciliation « Ils ont fait un barbecue de mon fils, et pendant ce temps là ils buvaient et ils mangeaient ! ».

Dirk Coetzee en faisant ces révélations sur les agissements de ces escadrons de la mort était devenu l’homme à abattre. Il réussit à se cacher, puis à fuir à Londres où il chercha refuge auprès de l’Anc en exil. Eugène de Kock qui lui succéda à la tête de Vlakplaas admit au cours de son procès qu’il avait donné des ordres pour assassiner Coetzee en exil. E. De Kock n’a pas obtenu d’amnistie et il purge sa peine à la prison centrale de Pretoria. Au début des années 1990, les services secrets sud-africains envoyèrent même des agents, une femme et un homme, avec de l’argent pour soudoyer des Irlandais loyalistes de l’Ulster pour qu’il tue l’homme qui parlait trop. Un ancien de Vlakplaas considère que pour avoir échappé à toutes les tentatives faîtes pour l’éliminer, Coetzee devait avoir « un ange gardien ».

Dirk Coetzee a témoigné devant la Commission Vérité et Réconciliation qui lui a accordé l’amnistie, mais il est mort en emportant dans sa tombe d’autres terribles révélations. Elles manquent toujours pour reconstituer dans son entier l’horrible puzzle des crimes de l’apartheid.

Plus d'informations : Daily Maverick

Publié le lundi 11 mars 2013


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