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sur l'Afrique australe

Un diamant pour le meilleur et pour le pire

Kimberley, Cecil Rhodes, De Beers, le Cullinan et bien d’autres pierres merveilleuses, gages d’amour éternel, autant de noms liés à l’histoire des mines de diamants découvertes au XIXème siècle en Afrique du Sud. Moins glamour la vie et la mort des mineurs, moins connu l’impact environnemental de l’exploitation de ces mines sauf quand la négligence et/ou une réglementation hasardeuse aboutissent à un désastre comme celui qui vient de frapper les villages autour de la mine de Jagersfontein.

La mine de diamants a été fermée en 1970 par son propriétaire la compagnie De Beers, mais le barrage de retenue des résidus a été autorisé à être exploité par son nouveau propriétaire Jagersfontein Developments , filiale du groupe Stargems Group basé à Dubaï. Les résidus en effet peuvent encore contenir des gemmes ce qui allonge le temps d’exploitation d’une mine.

Et là on se trouve devant un embrouillamini juridique : qui est responsable de l’exploitation de ces résidus ? L’ancien propriétaire ou le nouveau ? Le président Ramaphosa et Gwede Mantashe, le ministre de l’énergie et des mines, sont bien venus patauger dans la boue pour apporter leur réconfort aux habitants qui ont tout perdu, mais qui va indemniser ces derniers ? La De Beers,la Stargems ou le gouvernement ? De fait plusieurs décisions de justice ont laissé dans le flou le plus total le niveau des responsabilités pour les activités minières sur les bassins de retenu des résidus miniers , si bien qu’aucune inspection du ministère de l’énergie et des ressources minières n’ a eu lieu depuis des années. « Une lourde erreur » a reconnu le Ministre Gwede Manstashe « pour moi, on ne peut pas fragmenter les opérations minières et donc c’est le DMRE (Department of Mineral Resources and Energy) qui doit en assumer la complète responsabilité et on doit corriger cette erreur ».

La polémique enfle déjà sur la question des responsabilités et de l’aide d’urgence à apporter à ceux qui ont tout perdu. Les habitants avaient émis des doutes sur la solidité des murs du barrage depuis plusieurs années et le gouvernement avait ordonné aux responsables provinciaux de cesser les activités il y a deux ans.

Pour les habitants relogés d’urgence, traumatisés par l’horreur de voir leurs maigres biens emportés par un fleuve de boue, il est évident que les compagnies minières sont responsables et doivent indemniser les victimes. Les activités minières, diamants, or, platine, ont fait la richesse de la province, mais l’héritage en résidus, et scories et mines abandonnées sans aucun contrôle sont de véritables bombes à retardement. Les mines ont tué, tuent et continuent à tuer.

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L’Afrique du Sud et les étrangers, une relation qui tourne mal

Le gouvernement sud-africain vient de décider d’expulser en juin 2023, les ressortissants du Zimbabwe qui n’auront pas obtenu une prolongation de leur titre de séjour. Certains ont déjà pris la route du retour au pays alors que les actes xénophobes se multiplient dans le pays sous l’impulsion des activistes de Operation Dudula et des nouveaux partis populistes

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Inégalité, violence, changement climatique : les femmes ont des solutions

Le 9 aout 1956, 20 000 femmes sud-africaines se rassemblaient devant le siège du gouvernement à Pretoria. Noires, blanches, indiennes, métisses ont chanté d’une même voix pour dire leur détermination à se faire entendre. Aujourd’hui, les mots et les chiffres pour parler des inégalités, de la violence sont devenus rengaines sans solutions. Des solutions il y en a, mais en écoutant les femmes.

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L’avenir de Liliesleaf Farm, un monument de l’histoire sud-africaine, en question

Liliesleaf Farm, la ferme de Rivonia où furent arrêtés les dirigeants de l’ANC et du CPSA un lieu qui marqua à jamais l’histoire de l’Afrique du Sud, et en perdition faute de moyens financiers pour faire fonctionner ce qui est devenu un musée privé. Bref rappel de l’histoire de ce lieu mythique avant qu’il tombe en ruine et dans l’oubli.

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Rude semaine pour le Président Ramaphosa

Quand la nouvelle de l’arrestation de deux des frères Gupta est tombée le lundi 7 juin, les Sud-Africains pouvaient se réjouir enfin d’une bonne nouvelle. Le lendemain, la rocambolesque histoire des millions de dollars cachés dans un canapé et volés dans la ferme du Président Ramaphosa a fait l’effet d’une douche froide. L’avenir de Cyril Ramaphosa est désormais en jeu.

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Vous reprendrez bien un chocolat !

Glencore, la multinationale minière et de négoce, accepte de payer environ un milliard et demi de dollars d’amendes pour les accusations de corruption, manipulation des prix et autres malversations dont elle se reconnait coupable. Pas cher payé pour les profits engrangés depuis des décennies affirment deux chercheurs de Open Secrets, une ONG sud-africaine.

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Racisme au pays de Mandela : la routine pas l’exception

« C’est ce que nous faisons aux garçons noirs » a dit l’étudiant blanc en urinant sur les affaires personnelles d’un étudiant noir à l’Université de Stellenbosh il y a quelques jours. Action d’un raciste isolé ou bien acte symbolique de la renaissance d’une pensée suprématiste blanche qui n’a jamais vraiment disparue ?

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Les mines illégales de charbon empoisonnent l’Afrique du Sud

Le sous-sol sud-africain regorge de charbon, au point que SASOL, le géant pétrochimique avait mis au point la technique de fabrication d’essence à partir du charbon , pour contourner l’embargo sur le pétrole qui frappait le régime d’apartheid. Cette richesse pour les uns fait aussi le malheur de ceux qui vivent près des mines de la province du Mpumanlaga.

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Climat, corruption, incompétence : trio pour un désastre au Kwazulu-Natal

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la province du Kwazulu-Natal n’ont rien d’exceptionnel dans le calendrier de l’Afrique australe. Ce qui est exceptionnel, c’est l’ampleur du désastre : plus de quatre cents morts, des fleuves de boue dévastant tout et une population désespérée. Le dérèglement climatique a bon dos, mais il n’est pas le seul en cause.

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La présidente de Ligue des femmes de l’Anc inculpée pour parjure

Bathabile Dlamini, ancienne ministre du Développent social a été inculpée de parjure le 9 mars 2022. Elle était en charge du versement de l’aide sociale à 17 millions de personnes en Afrique du Sud. Elle était aussi présidente de la Ligue des femmes de l’ANC qui va être dissoute. La dérive d’une femme de pouvoir.

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Les brèves

Les mines sud-africaines sont toujours mortelles

Alors que l’année 2021 n’est pas arrivée à son terme, soixante mineurs ont trouvé la mort au travail, dans les mines d’or, de charbon et de platine. Le syndicat national des mineurs (NUM) dénonce cette situation alarmante. Le dernier accident mortel a eu lieu dans une mine de platine le 27 novembre dernier. La pandémie du Covid 19 impacte durement les mineurs car elle sert d’alibi pour supprimer des emplois, retarder la mise en place de systèmes de sécurité plus performants. Le NUM demande que la sécurité et la santé des travailleurs soient les priorités des compagnies minières avant leurs profits.


Nous ne saurons jamais la vérité sur la mort d’Ahmed Timol

Ahmed Timol était un militant de l’Anc et du Sacp mort en détention le 29 octobre 1971. Probablement torturé à mort, ses geôliers avaient jeté son corps par la fenêtre pour faire croire à un suicide. L’acharnement de la famille pour connaître la vérité vient de prendre fin avec la mort du dernier geôlier survivant Joao Rodriguez le 9 septembre 2021. La famille avait réussi à faire ré-ouvrir le dossier qui faisait parti de ceux pour lesquels la Commission Vérité et Réconciliation recommandait une poursuite d’enquête. Ne pas connaître toute la vérité sur les crimes commis sous le régime d’apartheid est un déni de justice pour les familles, mais aussi un reniement des valeurs pour lesquelles les victimes avaient fait l’ultime sacrifice. Des accords secrets, des obstructions à la justice sont des actes de mépris pour les victimes et leurs familles qui ne cherchent aucune vengeance mais simplement que la vérité soit établie et justice rendue. Trois cents familles attendent toujours la vérité sur la mort de leurs proches, comme celle de Dulcie September assassinée à Paris le 29 mars 1988.


When they came for me, The hidden diary of an apartheid prisoner

When they came for me, The hidden diary of an apartheid prisoner John R Schlapoberski Editions Berghahn avril 2021

Il a fallu beaucoup de temps avant que l’auteur publie le journal qu’il avait tenu secrètement pendant les 55 jours de sa détention. Arrêté parce que soupçonné d’être un opposant au régime, d’avoir des amis noirs, et des lectures subversives, le cauchemar a commencé le vendredi 13 juin 1969. Pendant cinq jours, obligé de se tenir pied nu sur une brique, John Schlapoberski a été privé de sommeil, soumis aux questions de ses bourreaux qui se relayaient jour et nuit. Un des tortionnaires exaspéré par son silence lui dira « Mr Schlapoberski, ici ce n’est pas l’Algérie avec sa réserve sans fin de terroristes de la Casbah. Les Français n’avaient aucune chance de contrôler les Arabes là-bas. Mais ils nous en ont appris assez pour contrôler notre population ici ». Des membres de la sécurité sud-africaine sont allés en Algérie apprendre les techniques de torture, comme la privation de sommeil infligée à ce jeune sud-africain. Un livre témoin des liens entre la France et le régime d’apartheid.


Nouvelle brève

Jacob Zuma devant le juge : je plaide non coupable Plus de dix ans après avoir été accusé de fraude, corruption, blanchiment d’argent, racket, Jacob Zuma s’est enfin présenté devant le tribunal de Pietermarizburg ce mercredi 26 mai. Il a écouté le juge lire l’acte d’accusation et a répondu qu’il plaidait non coupable. Il est accusé d‘avoir reçu 791 paiements entre 1995 et 2004 de la part de Thalès. Ces versements se faisaient par l’intermédiaire d’une société appartenant à Shab Shaik, Nkobi Group. Mais comme ni Shaik, ni sa compagnie n’avait les fonds nécessaires pour faire de tels versements, ils empruntaient de l’argent avec un fort taux d’intérêt. Ces sommes présentées comme des prêts n’ont jamais été remboursées. Entre 1999 et 2000, Thales et Shaik avait décidé de verser 500 000 rands annuels (environ 30 000 euros) à Jacob Zuma afin qu’il les protège de toute enquête compromettante dans cette affaire d’achats d’armes. Une société basée à l’île Maurice servait d’intermédiaire à Thalès pour les versements. Thalès réglait aussi les notes d’hôtels et d’achats de costumes quand Jacob Zuma venait en voyage à Paris. Zuma est accusé de fraudes, blanchiment d’argent et racket. L’avocate représentant Thalès a rejeté toutes ces accusations. A la sortie du tribunal, les amis de Jacob Zuma étaient venus apporter leur soutien à l’ancien président. Parmi eux, Ace Magashule, le secrétaire général de l’ANC lui–même accusé de fraude et corruption et suspendu de ses fonctions en attendant son procès. Le procès de Jacob Zuma qui pourrait durer plusieurs semaines est l’un des procès les plus importants pour l’Afrique du Sud. Renapas.rezo.net




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