Cette rencontre est une bénédiction pour l’Afrique du Sud qui accueillera le G20 à Johannesburg les 22 et 23 novembre. Si le président Trump et son pays seront absents, 67 chefs d’état y seront présents, représentant une majorité des « puissances moyennes » du sud-est asiatique, des Emirats arabes unis, du Moyen -Orient, de l’Union européenne, du Canada et de l’Australie.
Trump justifie son absence en dénonçant « le génocide Afrikaner », affirmation contredite par les faits. S’il y a eu 225 attaques de fermes entre avril 2020 et mars 2024, 101 des victimes étaient des ouvriers agricoles noirs et 53 fermiers, dont la majorité était blanche a précisé le ministre des Affaires étrangères Ronald Lamola. Le quotidien Daily Maverick a noté que c’était la 15eme attaque de Trump contre l’Afrique du Sud qui est devenu, on peut le dire, sa bête noire !
Pourquoi tant de haine ? parce que l’Afrique du Sud persiste à soutenir que le G20 sera un grand moment de solidarité internationale pour résoudre ensemble le défi des inégalités, des conflits et d’un environnement de plus en plus dégradé. Un rappel de cet Ubuntu qui fait notre humanité commune et que la véritable force est de travailler ensemble pour améliorer la vie de chacun.
Dans son discours, Cyril Ramaphosa après avoir rappelé que 4 millions de catholiques, d’origines diverses, vivent dans son pays et que les églises ont joué un rôle non négligeable dans la lutte contre l’apartheid, a martelé les maîtres mots de ce rassemblement politique et économique : “Solidarity, Equality, Sustainability” ( solidarité, égalité, durabilité). Il a mentionné la nécessité de répondre aux questions de sécurité alimentaire, de développement économique et aux questions environnementales de l’Afrique et des pays du sud et a appelé « à la construction d’ un ordre multilatéral plongeant ses racines dans les valeurs universelles, où la loi est le rempart des sans pouvoir et la justice le fondement d’une paix durable ».
Cette visite au Vatican du 8 novembre a été préparée par une intense activité diplomatique. En octobre, le Président Ramaphosa a participé au sommet de l’Asean ; le vice-président Paul Mashatile a cherché un soutien auprès de l’Union africaine et le ministre des Affaires étrangères, Ronald Lamola était à Londres au sommet africain du Financial Times et a fait le voyage au Vatican. Et le cardinal sud-africain, Stephen Brislin, a jeté les bases du prochain voyage du pape en Afrique du Sud.
L’Afrique du sud en accueillant le G20 est au carrefour de la compétition mondiale, mais pour Ronald Lamola sa diplomatie se veut pragmatique : « nous ne sommes pas en mesure de choisir. Nous avons besoin de tous les partenaires internationaux pour notre développement ». Ce qui veut dire aussi que le monde peut tourner sans les USA de Trump, sans sa volonté de puissance coloniale d’un autre âge. Jacqueline Dérens
Plus d'informations : daily Maverick
Publié le mardi 11 novembre 2025
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